Covid-19 : le défi de la vaccination

Covid-19 : au Danemark, la menace d'une mutation du virus chez les visons est "probablement éteinte"

La rédaction de LCI
Publié le 19 novembre 2020 à 17h43
JT Perso

Source : JT 20h WE

COVID - Le gouvernement danois a annoncé ce jeudi que la menace de la mutation du coronavirus chez les visons était "probablement éteinte". Celle-ci, qui aurait pu remettre en cause l'efficacité d'un futur vaccin, avait été détectée au début du mois de novembre et entrainé l'abattage de millions d'animaux.

D'après les premières études, la mutation pouvait entraîner une moindre efficacité des anticorps humains, menaçant ainsi la mise au point d'un vaccin contre le Covid-19. Deux semaines après avoir lancé l'alerte sur une mutation problématique du coronavirus via les visons, le Danemark a conclu ce jeudi que cette menace potentielle était "très probablement éteinte", en l'absence de nouveau cas détecté. Le pays a déjà abattu deux tiers de son cheptel de 15 millions de visons, non seulement en raison de cette mutation, mais aussi en raison de la capacité de l'animal à transmettre le virus à l'humain.

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Des contaminations remontant au mois d'août et septembre

De nombreux visons, ainsi que douze personnes, avaient été contaminés en août et en septembre. Parmi ces dernières, huit avaient des liens avec les cinq élevages où des animaux avaient été testés positifs à cette souche, baptisée "Cluster 5". Le caractère problématique de la mutation, n'avait en revanche été identifié que début novembre. Réagissant à cette nouvelle, la Première ministre danoise Mette Frederiksen avait ordonné d'abattre tous les visons du pays, certains d'entre eux ayant déjà été tués auparavant en raison de foyers de Covid-19 (sans mutation cette fois) repérés dans des élevages. Le pays nordique s'était toujours défendu de semer la panique, mais justifiait ces mesures drastiques par un problème "inquiétant". Sept communes du Jutland du Nord, soit environ 280.000 Danois, s'étaient aussi vues imposer le 5 novembre des restrictions drastiques, dont limitation des déplacements, la fermeture des transports publics, des bars et des restaurants. 

La totalité des visons danois tuée malgré tout

Aucun autre cas, aussi bien chez les visons que chez les humains n'ayant été avéré depuis le 15 septembre, les autorités en ont conclu que la contagion avait pu disparaître d'elle-même. Les restrictions, qui devaient initialement être levées le 3 décembre, seront donc levées ce vendredi. Moins chanceux, les visons survivant dans le pays, premier exportateur mondial et deuxième producteur derrière la Chine, seront malgré tout abattus pour éviter une nouvelle mutation à risque. L'Institut en charge des maladies infectieuses (SSI) a identifié quatre autres mutations provenant du vison, mais elles ne présentent pas la même problématique que "Cluster 5". Leur récurrence est par ailleurs en baisse dans le Jutland du Nord.

Entre critiques et cafouillages, la démission du ministre de l'Agriculture

L'opération d'abattage, très critiquée, est devenue encore plus polémique depuis que la presse a révélé que l'ordre de tuer tous les visons, y compris les animaux sains situés hors des foyers de contamination, n'avait pas de base légale. Le ministre de l'Agriculture Mogens Jensen a démissionné mercredi, reconnaissant que des "erreurs" avaient été commises. Pour rectifier le tir, le gouvernement a présenté un projet de loi visant à interdire les élevages de visons jusqu'en janvier 2022. Mais ses tâtonnements et excuses n'ont pas convaincu, au sein même des soutiens de gauche du gouvernement minoritaire social-démocrate.

Même si l'activité redevenait possible en 2022, peu croient en sa renaissance. Pour cause, il faut plus de dix ans pour reconstituer des cheptels avec une fourrure de qualité, selon les éleveurs. A ce jour, 10,2 millions de ces animaux, prisés pour leur fourrure, ont été tués dans l'ensemble du Danemark, qui comptait trois fois plus de visons que d'habitants. 


La rédaction de LCI

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