Covid-19 : les autotests ne sont "pas sans risque", selon l'Académie de Médecine

F.S. avec AFP
Publié le 9 avril 2021 à 12h45, mis à jour le 9 avril 2021 à 18h01
Covid-19 : les autotests ne sont "pas sans risque", selon l'Académie de Médecine
Source : FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

ÉCOUVILLONS - L'Académie Nationale de Médecine s'inquiète de l'arrivée sur le marché des autotests nasopharyngés, vendus à partir du 12 avril en pharmacie. Elle rappelle les risques des mauvais gestes, y compris aux professionnels pour qui ce dépistage très répandu s'est banalisé depuis le début de l'épidémie.

Alors que les autotests sont sur le point d'arriver dans les pharmacies, le 12 avril prochain, l'Académie de Médecine fait le point  sur la pratique du test "nasopharyngé", pas si anodin qu'on pourrait le croire. Avec la généralisation de ce prélèvement dans le nez à l'aide d'un écouvillon, tant pour les tests PCR que pour les antigéniques, le geste s'est banalisé, mais de récentes études rapportent des risques de lésions.

Quelque 70 millions de tests nasopharyngés ont ainsi été réalisés depuis le début de l'épidémie en mars 2020, selon une estimation de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES). Sur la seule semaine du 29 mars au 4 avril 2021, par exemple, près de 4 millions de tests PCR et antigéniques ont été enregistrés.

Face à cette "multiplication et à la répétition des prélèvements, parfois effectués dans des conditions inadaptées", l'instance a tenu à rappeler "les précautions à observer et les risques encourus".

Attention aux mauvaises pratiques

L'Académie s'appuie sur des études qui "commencent à être décrites dans la littérature médicale depuis quelques semaines", pour rappeler que "si certaines complications peuvent être considérées comme bénignes (désagrément, douleur ou saignement), de graves complications" peuvent aussi apparaître. On a ainsi notamment observé "des brèches de l’étage antérieur de la base du crâne, associées à un risque de méningite", vraisemblablement liées à une mauvaise pratique des tests.

Position inadaptée du patient prélevé, orientation de l'écouvillon vers le haut ou vers le bas, le test nasopharyngé demande une maîtrise technique, ainsi qu'une connaissance des antécédents du patient.  Le communiqué rappelle qu'il s'agit d'un acte médical, et recommande d'en "réserver la pratique aux professionnels de santé formés pour la réalisation de ce geste dans des conditions techniques rigoureuses". Pour les enfants, l'Académie préconise même le recours au seul test salivaire.

Enfin, anticipant l'arrivée imminente des autotests sur le marché (normalement le 12 avril en pharmacie),  et même s'ils ne nécessitent pas un écouvillon aussi long que les tests professionnels, l'autorité médicale met en garde ses futurs utilisateurs : "l’auto-prélèvement peut devenir dangereux lorsque l’écouvillonnage est trop profond et dirigé dans la mauvaise direction". Mais un risque inverse vient s'ajouter à cette pratique "amateur" du test : puisqu'un "écouvillonnage trop timide et superficiel", peut générer des faux négatifs. 


F.S. avec AFP

Tout
TF1 Info