La Guadeloupe et la Martinique en proie à de vives tensions

Martinique : deux représentants syndicaux en pointe contre l'obligation vaccinale meurent du Covid

La rédaction de LCI
Publié le 22 décembre 2021 à 8h17
Martinique : deux représentants syndicaux en pointe contre l'obligation vaccinale meurent du Covid

Source : Lionel CHAMOISEAU / AFP

DÉCÈS - Deux représentants syndicaux mobilisés contre l'obligation vaccinale sont morts lundi du Covid-19. Âgés de 48 et 61 ans, ils auraient été contaminés lors d'une réunion de travail avec le préfet.

Leur combat les a menés à leur perte. Deux représentants syndicaux mobilisés contre l'obligation vaccinale en Martinique sont décédés lundi des suites du Covid, a appris l'AFP mardi auprès des services hospitaliers. Selon des sources syndicales, ils auraient été contaminés à l'occasion d'une réunion de travail, avec la préfecture, comme d'autres participants dont le préfet de la Martinique, Stanislas Cazelles. 

Une réunion de travail qui se transforme en cluster

Alain Decaille, président de la fédération des taxis indépendants de Martinique, est mort à l'âge de 61 ans. Depuis le mois de septembre, il avait organisé plusieurs opérations escargot sur l'île, pour dénoncer l'obligation vaccinale imposée à sa corporation. Après avoir contracté le Covid-19, il avait été hospitalisé trois semaines et soigné en réanimation, d'après le CHU de Martinique. 

Le président du syndicat pour la défense des artistes martiniquais, Aimé Agat, est également décédé après avoir été hospitalisé en réanimation. Il avait 48 ans.

Tous deux s'étaient engagés dans l'intersyndicale qui avait appelé à la grève générale le 22 novembre 2021, pour marquer son opposition à l'obligation vaccinale et au pass sanitaire. Des barrages avaient été érigés sur l'île pendant une dizaine de jours, avant qu'un accord de méthode ne fût signé avec les autorités de l’État, mettant en place des ateliers sur sept thématiques différentes parmi lesquelles la santé, la jeunesse, la vie chère, les transports, la chlordéconémie, la pêche et la culture.

C'est après l'une de ces réunions de travail que plusieurs personnes avaient été déclarées positives, dont des membres de l'intersyndicale et le préfet.

On prenait le maximum de précautions, les mesures barrières étaient respectées, on respectait les distances.

Olivier Labastide, président de la Fédération des taxis de Martinique

"Je suis un exemple parmi d'autres de gens qui malheureusement, vaccinés, ont quand même eu le Covid. Mais ça illustre la protection du vaccin, c'est-à-dire que j'ai eu des tout petits symptômes pendant deux jours, et après plus rien", a souligné le préfet après dix jours d'isolement, à l'occasion de sa première sortie sur un centre de vaccination éphémère.

"Effectivement, plusieurs membres de l'intersyndicale l'ont eu. Moi, je l'ai eu", a confirmé à l'AFP Olivier Labastide, le président de la Fédération des taxis de Martinique, tandis que plusieurs autres représentants syndicaux ont confirmé à l'AFP, sous couvert d'anonymat, avoir également contracté le virus, sans préciser leur statut vaccinal. 

"Est-ce qu'il y a eu des imprudences ? Je ne pense pas. On prenait le maximum de précautions, les mesures barrières étaient respectées, on respectait les distances, le préfet lui-même l'a eu alors qu'il fait attention aux mesures barrières", a poursuivi Olivier Labastide.

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Selon les derniers chiffres publiés par l'Agence Régionale de Santé  mardi, le nombre de nouveaux cas en Martinique est pour le moment stable, à 600 nouveaux cas de coronavirus enregistrés du 13 au 19 décembre, contre 603 la semaine dernière. "L’hôpital était toujours en très forte tension du fait du nombre important de personnes hospitalisées notamment en réanimation", signale cependant l'ARS, qui craint l'émergence prochaine du variant Omicron.

Sur l'île, 127.655 personnes présentent un schéma vaccinal complet (deux injections), soit 40.4% de la population de 12 ans et plus. 


La rédaction de LCI

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