La France face à une 3e vague d'ampleur

"J'ai renoncé à me faire tester !" : le risque de ne pas diagnostiquer des malades et donc de relancer l'épidémie

Maxence GEVIN
Publié le 22 juillet 2020 à 12h12, mis à jour le 22 juillet 2020 à 14h16
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

REBOND - Et si le dépistage au coronavirus devenait mission impossible ? Renaud raconte son expérience et ses difficultés pour se faire tester à Paris.

"Grosse fatigue, maux de tête, nez qui coule, mal à la gorge". Depuis quelques jours, Renaud et sa famille s'inquiètent d'avoir contracté le coronavirus. Par visioconférence, un docteur leur fournit une ordonnance pour se faire tester le plus rapidement possible. Le Parisien de 34 ans multiplie alors les démarches : "j'ai appelé six laboratoires. Quatre m'ont répondu qu'ils n'avaient aucune possibilité avant août. Deux ne m'ont pas donné de nouvelles". Par la suite, il se rend en pharmacie pour un test sérologique rapide d'orientation diagnostique (TROD) mais la pharmacienne le déconseille car s'il est malade, il n'aura pas encore développé des anticorps. Découragé, il a renoncé à se faire tester.  Pas de certitudes, pas de quatorzaine et donc le risque de contaminer d'autres personnes. Le cas de Renaud est loin d'être isolé (voir le reportage ci-dessus). 

Les raisons de la surcharge des laboratoires

Selon les données de la Direction générale de la Santé (DGS), la France réalise depuis début juillet "entre 350.000 et 400.000 tests par semaine". Un chiffre qui ne traduit pas la tension dans certains centres de dépistage. Les départs en vacances des Français coïncident avec les congés d'une partie du personnel médical, sur le pont depuis de nombreux mois. La distribution massive de "bons de prescription pour un dépistage du Covid-19 dans les zones de forte circulation virale" explique également que certaines personnes symptomatiques ne puissent pas se faire tester rapidement. Voire pas du tout. Au risque de relancer l'épidémie ? 

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Le recours aux étudiants en médecine ?

Le président du syndicat des biologistes propose donc "d’essayer de trouver une priorisation des tests [...] On va finir par oublier que des personnes symptomatiques doivent être priorisées. Il faut absolument qu’une personne avec les moindres symptômes puisse être vue par un médecin", alerte-t-il.

Pas de mesure en ce sens envisagée par le gouvernement pour le moment mais, en début de semaine, Olivier Véran a signé un décret qui autorise "les techniciens de laboratoire à faire des tests par écouvillonnage". Il a également incité les centres de dépistage à étendre leurs horaires pour tester davantage de personnes chaque jour.  Les laboratoires "sont à pied d’œuvre pour faire évoluer leur organisation", affirme la DGS. Elle annonce aussi que la mise en place de "centres de dépistage en plein air ("barnums")" va contribuer à résorber l'attente avant de pouvoir se faire tester. 

Pour résoudre ces "tensions transitoires", le ministère de la Santé devrait décider de nouvelles "mesures utiles" lors d'une réunion avec les acteurs concernés en fin de semaine. Parmi les possibilités envisagées figurent le recours aux étudiants en médecine et aux chirurgiens-dentistes, des transferts de personnels médicaux ou encore la priorisation des patients symptomatiques.

 

Lors d'un compte-rendu de Conseil des ministres ce mardi, Gabriel Attal a lui promis une "mobilisation totale" pour "étendre les capacités de test" et "réduire l'engorgement" des laboratoires dans certains territoires. Il a aussi précisé qu'un "conseil de défense consacré au covid-19" aura lieu vendredi prochain. 


Maxence GEVIN

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