CRISE SANITAIRE - Si le port du masque est obligatoire dans tous les lieux clos du pays, il n'est pas imposé par la loi à l'extérieur, même dans les départements dans lesquels l'épidémie flambe. Explications.

Oui, il est toujours possible de se déplacer en France sans porter un masque de protection sur le nez et la bouche. Depuis la fin de l'été, il existe de fortes disparités entre les territoires, mises en lumière ces derniers jours par les restrictions régionales. Alors que l'épidémie flambe dans les Alpes-Maritimes, le préfet Bernard Gonzalez a annoncé lundi rendre le masque obligatoire "dans toutes les zones à forte fréquentation" du département. Même volonté du côté de Dunkerque, où le maire propose aux autorités de "rendre le port du masque obligatoire partout".

En dépit de la deuxième vague et des appels de certains médecins dès l’été dernier, le port du masque "n'est pas imposé par la loi dans tous les lieux ouverts", confirme à LCI le ministère de l'Intérieur. "De nombreux arrêtés ont été pris pour le rendre obligatoire dans certaines zones ou dans des territoires entiers, à l'échelle d'une métropole ou d'un département."

"La distanciation physique permet d’éviter la transmission par les grosses gouttelettes"

Dans toutes les rues de Paris et sa petite couronne, comme à Lyon ou à Marseille, il est par exemple interdit de se balader sans se protéger le visage. Mais dans la plupart des autres villes, le masque n'est imposé qu'à certains endroits. "La décision revient au préfet du département ou au maire", poursuit le ministère de l'Intérieur. "Ils peuvent imposer en extérieur dans les zones de circulation active du virus ou dans certaines zones fréquentées qui ne permettent pas la distanciation physique", par exemple "certaines rues", dans "les marchés" ou "les parcs."

Pour l'heure, si la généralisation du masque dans toutes les rues semble être l'une des solutions pour endiguer l’épidémie dans les départements dont la situation se dégrade, il n'est pas prévu de l'élargir à toutes les rues de France. "Les plus grosses gouttelettes qui transportent le virus, sécrétées lorsqu'une personne parle, crache ou éternue, sont fortement contagieuses", rappelle à LCI la Direction générale de la santé (DGS). "Les mesures de distanciation physique permettent d’éviter la transmission par ces grosses gouttelettes", justifie-t-elle. En somme, pas besoin d’imposer le masque dans les rues moins fréquentées.

"Pas de démonstration de l'utilité du masque en milieu ouvert"

"Il existe également un risque de contamination lié aux aérosols", lorsque les gouttelettes restent en suspension dans l'atmosphère, poursuit la DGS. "Le port d'un masque aux caractéristiques filtrantes suffisantes permet de réduire drastiquement le risque de contamination lié aux aérosols. Lorsque les distances physiques ne peuvent être respectées en continu, le port du masque permet de contribuer significativement à la réduction du risque de propagation."

Pour le Pr Jean-Christophe Lucet, chef de service à l'hôpital Bichat Claude-Bernard (Paris), généraliser le port du masque dans l'ensemble du territoire n'aurait pas de sens, malgré la progression du variant. "Pour le moment, on ne peut pas affirmer que le risque d’acquérir un variant dans la rue est plus important que dans un autre endroit", indiquait-il ces derniers jours à TF1 (voir vidéo en tête de cet article). "En milieu fermé, le risque est plus important. En milieu ouvert, nous n'avons jamais fait la démonstration qu'il est plus élevé. Il n'y a donc pas de démonstration de son utilité."

Le Premier ministre Jean Castex "recommande" toutefois "le port du masque le plus possible partout", a-t-il confié à LCI ce jeudi 25 février, en marge de la conférence de presse du gouvernement.


Idèr NABILI

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