Aux États-Unis, un nouveau traitement contre le Covid-19 suscite les espoirs

par M.L (avec AFP)
Publié le 9 février 2023 à 8h29

Source : Sujet TF1 Info

Une étude américaine révèle l'efficacité d'un nouveau traitement contre le virus, administré en une seule injection.
Il s'appuie sur des interférons, des protéines capables d'interagir avec les cellules, et permettrait de réduire de moitié le risque d'hospitalisation.
Les auteurs espèrent que leur publication débouchera sur un nouveau médicament.

Un nouveau médicament contre le virus va-t-il bientôt voir le jour ? C'est ce qu'espèrent les auteurs d'une étude publiée mercredi, selon laquelle une seule injection d'un nouveau traitement antiviral contre le Covid-19 a réduit de moitié, lors d'essais cliniques, le risque d'hospitalisation en cas d'infection. Une solution qui pourrait s'avérer prometteuse, à l'heure où la maladie ne fait plus la Une des journaux, mais où elle continue à faire des centaines de morts chaque jour dans le monde. La mise au point de nouvelles options de traitement reste donc cruciale, notamment face aux nouveaux variants, a déclaré à l'AFP Jeffrey Glenn, professeur en immunologie à l'université Stanford et co-auteur de cette étude, publiée dans la revue NEJM.

Le traitement en question utilise des interférons, des protéines cruciales dans la réponse immunitaire. Elles sont sécrétées en présence d'un virus, et s'attachent aux récepteurs de certaines cellules, déclenchant alors "un mécanisme de défense antivirale inné" (distinct des anticorps), a expliqué Jeffrey Glenn. Or parmi les différents types d'interférons, ceux appelés lambdas s'attachent notamment aux cellules des poumons, précisément là où sévit le Covid-19. C'est une version synthétique de ces celles-ci qui sont injectées, dans les sept jours après l'apparition des premiers symptômes de la maladie. 

"C'est spectaculaire"

Cette nouvelle médication a été testée lors d'un essai clinique sur plus de 1900 adultes infectés par le virus, entre juin 2021 et février 2022, au Brésil et au Canada. Quelque 85% des patients étaient vaccinés. Sur les 931 personnes ayant reçu le traitement, 25 seulement ont été hospitalisées, contre 57 des 1018 personnes ayant reçu un placebo, soit une réduction du risque de 51%, selon l'étude. Les résultats sont encore meilleurs en isolant les patients non vaccinés. "C'est spectaculaire", a commenté Jeffrey Glenn, qui a fondé la compagnie Eiger biopharmaceuticals ayant mis au point le traitement. 

Ce traitement en une seule injection offre un avantage pratique par rapport à l'antiviral Paxlovid de Pfizer, qui nécessite la prise de dizaines de pilules sur cinq jours, a-t-il argumenté. Et certains traitements, comme les anticorps monoclonaux, ainsi que les vaccins, ont peu à peu perdu de leur efficacité face aux nouveaux variants. La France autorise par exemple les traitements à base d'anticorps monoclonaux Evusheld et Xevudy. Les interférons, eux, interagissent eux avec les cellules, si bien que le traitement ne sera pas affecté par l'évolution du virus.

Sa mise sur le marché n'est pas en revanche pour tout de suite. Selon Eiger biopharmaceuticals, qui avait précédemment publié ces résultats dans un communiqué de presse, l'Agence américaine des médicaments (FDA) n'a pas donné suite à une demande d'autorisation en urgence. Mais Jeffrey Glenn reste optimiste : "J'ai bon espoir que cette étude aide à encourager les régulateurs ici et dans le monde à trouver un moyen d'apporter (ce traitement) aux patients, aussi vite que possible".


M.L (avec AFP)

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