Bronchiolite : les urgences pédiatriques saturées

Crise de la pédiatrie : 10.000 soignants accusent Emmanuel Macron de "silence assourdissant"

M.L (avec AFP)
Publié le 30 novembre 2022 à 11h32
JT Perso

Source : JT 20h WE

Dans une tribune publiée dans "Le Monde" ce mercredi, des milliers de soignants, dont 400 chefs de service et toutes les sociétés savantes de pédiatrie, interpellent Emmanuel Macron.
Ils tirent la sonnette d'alarme sur la crise traversée par la pédiatrie, confrontée à une épidémie de bronchiolite d'ampleur.

"Nous avons été confrontés à ce que nous n’osions imaginer" : des soignants reprochent à Emmanuel Macron, dans une tribune publiée dans Le Monde ce mercredi 30 novembre et signée par 10.000 d'entre eux, un "silence assourdissant" sur la crise traversée par la pédiatrie à l'hôpital, particulièrement fragilisé par une épidémie de bronchiolite inédite ces dix dernières années, plus d'un mois après un précédent cri d'alarme. "Un mois plus tard, nous restons sans réponse de votre part : votre silence est assourdissant", fustigent ces personnels parmi lesquels 400 chefs de service et l'ensemble des sociétés savantes de pédiatrie.

Le 21 octobre dernier, quelque 4000 soignants avaient interpellé le président de la République dans une lettre publiée par Le Parisien où ils dénonçaient la saturation des services de pédiatrie avec des "enfants quotidiennement en danger" sur fond d'épidémie précoce de bronchiolite. "L’épidémie annuelle de bronchiolite s’est transformée en un mauvais remake de la pandémie de Covid-19", constatent amèrement les soignants dans leur nouvelle tribune en mettant en avant les mêmes maux : perte de sens et manque de personnels.

"La France saura-t-elle sauver ses enfants ?"

Dans ce texte, ils regrettent notamment de se voir contraints de "ne plus pouvoir transférer" les enfants malades d'un établissement à l'autre en cas d'urgence, "car l’épidémie a déferlé partout, saturant l’ensemble des services de pédiatrie français". Les signataires évoquant également des opérations déprogrammées, des hospitalisations sans chambre ou des renvois "prématurés" de patients à domicile. 

Face à une situation qui s'est encore dégradée par rapport à octobre, "vous n’êtes pas apparu pour rassurer les parents, assurer les soignants de votre soutien et de la volonté de sauver l’hôpital public", reprochent-ils au président. "À la place, votre gouvernement empile les enveloppes et les mesures d’urgence temporaires au fil de la catastrophe, et remet en cause les constats unanimes des soignants et des patients", s'agacent les pédiatres, alors que l'exécutif a promis 400 millions d'euros de nouvelles mesures pour soulager les services concernés.

Lire aussi

Les futures assises de la pédiatrie et l'installation d'un comité d'orientation ad hoc, le 7 décembre, ne semblent pas non plus satisfaire les 10.000 signataires, qui appellent à ce que des "engagements forts sur des mesures structurelles et pérennes soient pris en amont et immédiatement".

Les soignants réclament ainsi à Emmanuel Macron, actuellement en visite d'État aux États-Unis, de mettre en œuvre une batterie de mesures catégorielles : reconnaissance de la spécificité et de l’expertise de la pédiatrie, plafond du nombre de patients par infirmière et infirmier, respect des temps de repos et des temps de formation, meilleure indemnisation du travail de nuit et de week-end, mesures ciblant la formation des jeunes engagés dans les métiers du soin, etc. "La crise actuelle pousse aux démissions toujours plus nombreuses. Dos au mur, la France saura-t-elle sauver ses enfants ?", questionnent-ils en guise de conclusion.


M.L (avec AFP)

Tout
TF1 Info