Crise des urgences : les soignants du CHU de Bordeaux réclament des "décisions fortes d'ici à l'été"

C.G
Publié le 28 mai 2022 à 15h02
CHU de Bordeaux

CHU de Bordeaux

Source : PHILIPPE LOPEZ / AFP

Plus de 1000 personnels soignants du CHU de Bordeaux (Gironde) alertent sur le déclin des hôpitaux publics en France.
Dans une tribune, ils alertent le gouvernement sur les conséquences de nombreuses années de restrictions budgétaires.

Un collectif de plus d’un millier de personnels hospitaliers du CHU de Bordeaux (Gironde) lance un cri d'alerte. Dans une tribune publiée dans Le Monde, vendredi 27 mai, ils interpellent le gouvernement sur la situation qui se dégrade après "de nombreuses années de restrictions budgétaires".

Alors que tous les hôpitaux de France subissent cette crise de plein fouet, la pandémie de Covid-19 a aggravé la situation à l'hôpital public. Le manque de lits, d'effectifs, l'augmentation du nombre de patients plus complexes et une demande de rentabilité... Ce système de santé à bout de souffle a conduit les centres hospitaliers à décliner, expliquent les soignants dans ce texte

20% des lits supprimés à Bordeaux depuis l'année 2000

20% des lits (soit près de sept cents lits d’hospitalisation) ont été supprimés au CHU de Bordeaux depuis l'année 2000. Parallèlement, le vieillissement de la population bordelaise et l'augmentation du nombre d'habitants déclenche une plus large demande de soins non prise en charge par les pouvoirs publics, selon les signataires de la tribune.

Pour répondre à des critères qui leur sont imposés, un taux de 95% d'occupation des lits est nécessaire à Bordeaux. Cela ne permet donc plus d'assurer une disponibilité de lits pour les patients nécessitant une hospitalisation rapide "non programmée". Les patients qui consultent en médecine de ville ou arrivent aux urgences se trouvent fréquemment sans solution d'hospitalisation.

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Des dysfonctionnements qui se répercutent sur la prise en charge des patients

La situation est aussi compliquée en chirurgie avec une limitation de l’accès au bloc opératoire, des délais allongés, voire des annulations d’actes chirurgicaux. Les services supports, moins visibles par le grand public, c'est-à-dire la pharmacie, la biologie, l'anatomopathologie, la radiologie, souffrent aussi de cette gestion avec des répercussions sur leurs pratiques comme des délais d’examen plus longs par exemple.

Ces dysfonctionnements majeurs se répercutent donc sur la prise en charge des patients. L’activité de soins a explosé sans augmenter les effectifs des personnels de soins. "Nos équipes médico-soignantes ont pris de plein fouet ces transformations et ceci bien avant la crise Covid. Toutes et tous n’hésitent plus aujourd’hui à quitter en masse l’hôpital, augmentant ainsi les fermetures de lits", indiquent les signataires de la tribune. 

Au CHU de Bordeaux, environ trois cents à quatre cents lits sont fermés administrativement tous les jours par manque de soignants.


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