Bronchiolite : les urgences pédiatriques saturées

Urgences pédiatriques : "On a l'impression d'être sur le Titanic, et le gouvernement écope avec une cuillère en plastique"

TD
Publié le 1 novembre 2022 à 11h54
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Les urgences pédiatriques peinent à répondre à l'épidémie de bronchiolite qui sévit à l'heure actuelle.
Neuropédiatre à l'hôpital Necker à Paris, Mélodie Aubart appelle l'État à prendre des "mesures fortes, structurelles, urgentes".
La spécialiste dresse le tableau inquiétant d'un système de santé en pleine crise.

Le 21 octobre, plusieurs milliers de soignants en pédiatrie cosignaient une lettre ouverte à Emmanuel Macron, dans laquelle ils dénonçaient la saturation des services pédiatriques hospitaliers. Dix jours plus tard, la situation ne s'est pas améliorée, déplore Mélodie Aubart. Neuropédiatre à l'hôpital Necker à Paris, elle était l'invitée de France Info ce mardi et a dressé un constat très préoccupant de l'état du système de santé, mis à mal par l'épidémie de bronchiolite.

Une surcharge de travail pour les patients est entre autres pointée du doigt, réduisant de manière logique la qualité des soins. Les professionnels de santé souhaitent ainsi "l'instauration d'un ratio nombre de patients, en l'occurrence d'enfants, par infirmière", rapporte la neuropédiatre. "Il y a encore des services en France, où une infirmière s'occupe de 16 enfants malades la nuit. C'est inadmissible", dénonce-t-elle. "On ne peut pas soigner correctement les enfants." Des mesures "mesures fortes, structurelles, urgentes", sont ainsi attendues, parmi lesquelles devront nécessairement figurer une revalorisation des salaires.

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La situation dans les hôpitaux "ne pouvait que se dégrader" avec l'épidémie de bronchiolite, "continue de se dégrader tous les jours", constate la spécialiste. Elle cite notamment "des plans blancs déclenchés à Rouen, à Bordeaux", et qui traduisent la tension observée à l'échelle de tout le territoire. La région parisienne, souvent décrite comme l'épicentre des difficultés, n'est désormais plus la seule concernée.

Les professionnels de santé "alertent sur une crise sanitaire qui est en train de se dérouler sous les yeux de tous", ajoute Mélodie Aubart. À ses yeux, l'annonce par le gouvernement d'une aide financière de 150 millions d'euros à destination de plusieurs services hospitaliers ne se révèle pas à la hauteur des enjeux. "On a l'impression d'être sur le Titanic, et que le gouvernement est en train d'écoper avec une cuillère en plastique", glisse-t-elle, espérant une prise de conscience rapide des autorités.


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