En France, le printemps est annonciateur de la période la plus à risque pour les piqûres de tiques.
Or, cet insecte est le plus important vecteur d'agents pathogènes responsables de maladies infectieuses.
Voici ce qu'il faut savoir pour mieux s'en protéger.

Elles font partie des insectes potentiellement nuisibles qui fleurissent avec le printemps, à mesure que l'air se réchauffe. Si les tiques peuvent être actives toute l'année, elles le sont généralement davantage du début du printemps à la fin de l’automne. 

De fait, pour vivre et se reproduire, cet acarien suceur de sang a besoin de chaleur et d'humidité, deux conditions météorologiques que l'on trouve en France métropolitaine surtout pendant cette période. Dès le mois d'avril, la vigilance doit donc être de mise. 

Plus important vecteur d'agents pathogènes

Et pour cause : cet insecte est le plus important vecteur d'agents pathogènes responsables de maladies infectieuses. Or, sous l'effet du dérèglement climatique, la transmission des maladies liées aux tiques augmente en Europe, y compris en France.

Parmi les plus redoutées : la maladie de Lyme, l’encéphalite à tiques et la fièvre hémorragique de Crimée-Congo.

La première est la plus courante des maladies transmises par les tiques puisque 14% de la population mondiale a contracté la borréliose de Lyme, selon une méta-analyse publiée fin 2022 qui compile les études sur le sujet. Si elle est rarement mortelle, elle n'est pas sans conséquence sur les personnes mordues, susceptibles de voir apparaitre plusieurs symptômes, parfois tardifs. Le premier est cutané, les suivants sont souvent pseudo-grippaux, les derniers, pour les cas les plus graves, peuvent être neurologiques. 

Moins répandue que la maladie de Lyme en Europe, l'encéphalite à tiques n'est pas à négliger pour autant puisqu'elle gagne du terrain, notamment en France, où 71 cas ont été signalés depuis 2021, avec un élargissement des zones touchées, selon un premier bilan publié en aout 2023 par Santé publique France. L'été dernier, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait de son côté alerté sur le risque d'"une émergence en France" du virus de la fièvre de Crimée-Congo, dans un rapport sur les risques pour la santé humaine et animale des tiques Hyalomma.

Ne sévit pas que dans les forêts et jardins

Pour rappel, ces acariens noirs qui se cachent le plus souvent dans les sous-bois, les herbes hautes, les champs et les zones humides sont particulièrement actifs dans les milieux naturels. Si cela vaut pour la majorité des tiques, plutôt forestières, notons que les climats secs et les périodes chaudes sont particulièrement prisés de l'Hyalomma. Retrouvée jusqu'alors surtout dans la garrigue ou le maquis méditerranéen, elle tend à se propager davantage avec le dérèglement climatique. 

À titre de repère, entre janvier 2017 et avril 2023, plus de 72.000 piqûres de tiques ont été recensées en France : plus de 61.000 concernent des humains et presque 11.000 des animaux. En 2022 uniquement, ce sont 11.000 piqûres qui ont été signalées, majoritairement au moins de juin, d'après les données de la plateforme CiTIQUE-TRACKER. Si ces dernières ont lieu majoritairement en forêt, un quart surviennent à la maison : 22% dans les jardins, et même 4% à l'intérieur du domicile.

Alors que certaines régions sont plus touchées que d'autres, le Grand Est s'avère la plus touchée, suivie par l'Auvergne-Rhône-Alpes. À l'inverse, moins de 50 signalements ont été faits en Provence-Alpes-Côte d'Azur, dans le Centre-Val de Loire, dans les Pays de la Loire, en Normandie, dans les Hauts-de-France et en Corse.

Des astuces pour éviter les piqûres

Pour se prémunir des piqûres, il est recommandé d’éviter les hautes herbes et les sous-bois, qui sont les lieux de prédilection des tiques, et de privilégier les sentiers. À défaut, des vêtements longs et couvrants pour se balader en forêt ou dans des herbes hautes sont préconisés pour éviter que les tiques ne puissent s’accrocher à la peau. Les experts recommandent également de porter des couleurs claires : cela permet de repérer plus facilement les tiques qui s’y seraient agrippées. 

En prévention, un répulsif contre les insectes peut être très utile. 

Le réflexe de l'inspection

Après une promenade ou une randonnée dans une zone boisée ou broussailleuse, Santé publique France recommande de s’inspecter scrupuleusement le corps. Les morsures de tiques doivent en effet être relevées précocement pour éviter certaines maladies. Il faut notamment redoubler d'attention sur les peaux à taches de rousseur ou à grains de beauté : les parasites peuvent rapidement être confondus. S'il est possible de s’examiner soi-même, le mieux est d’avoir l’aide d’une personne extérieure. Dessous-de-bras, nombril, cuir chevelu, sous les sous-vêtements, sur le cou, derrière le genou, au creux du bras… aucune zone ne doit être oubliée. 

Notons que si l'on dit souvent que la tique pique, ce n’est pas vraiment le cas : elle mord. Grâce à sa "bouche", l'insecte s’accroche à la peau de son hôte dans le but de se nourrir de sang. Ainsi, pour reconnaître une morsure, le plus efficace reste de chercher la bête : un petit point noir ou gris, en relief. En passant son doigt sur la peau, il est ensuite possible de sentir l’acarien. 

Gare aux pièges pour extraire le parasite

En cas de morsure, il faut agir vite pour éviter les complications graves : plus la tique reste attachée longtemps, plus le risque de transmission de la bactérie est élevé. Il est en outre important de ne pas appliquer d’éther ou autres produits sur le parasite au risque qu'il régurgite et libère la bactérie présente dans sa salive. Le mieux est de s'armer d'un tire-tique (disponible en pharmacie), afin d'agripper l’insecte au plus près de la peau et de tirer doucement mais fermement en favorisant des mouvements circulaires pour ne pas casser l’appareil buccal.

À défaut de tire-tique, il est aussi possible d'utiliser une pince à épiler pour attraper la tête de la tique au ras de la peau, en prenant soin de la retirer entière, sans presser l’abdomen pour ne pas favoriser l’excrétion de bactéries. Pour finir, il est essentiel de bien désinfecter la piqûre à l’aide d’un antiseptique ou d’alcool modifié.


Audrey LE GUELLEC

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