Avoir un beau sourire passe par un entretien rigoureux de la dentition.
Mais encore faut-il savoir choisir les produits adaptés pour ses dents.
Gare notamment aux dentifrices qui contiennent des substances dangereuses ou indésirables, alerte 60 Millions de consommateurs.

Une haleine plus fraîche, des dents plus blanches, des gencives mieux protégées… Alors que des centaines de marques existent, les dentifrices multiplient les promesses à l'intention du consommateur. Si bien qu'il est parfois difficile de s'y retrouver. Car au milieu de ces produits, certains peuvent contenir des substances dangereuses pour la santé ou trop abrasives pour la santé de vos dents. 

Afin de bien choisir son dentifrice, 60 Millions de consommateurs a comparé plusieurs marques pour déterminer la composition de ce produit indispensable au quotidien. Résultat : nombreux sont ceux qui contiennent encore des composants nocifs. 

Le danger du dioxyde de titane

60 Millions de consommateurs a ainsi analysé 12 références de dentifrices. "Un quart de ceux que nous avons analysés obtient de bonnes notes", détaille Sophie Coisne, rédactrice en chef adjointe des hors-séries pour 60 Millions de consommateurs. "Mais on trouve encore trop de dentifrices avec du dioxyde de titane, utilisé pour rendre la pâte plus blanche". Parmi ceux étudiés par l'association et classés comme "à éviter", contenant cette substance : le Sanogyl "soin gencives au complexe vitaminé", le Sensodyne "action sensibilité" rouge ou encore le Signal "haleine pure". 

Le dioxyde de titane est problématique "car il y a des soupçons de risque cancérogène quand on l'ingère", détaille la journaliste. Un produit qui se cache parfois sous les codes CI 77891 ou E171 et qui a récemment été interdit dans les produits alimentaires. La moitié des 12 références étudiées par l'association en contient. "On met dans sa bouche, plusieurs fois par jour et tout au long de sa vie, une substance suspectée nocive. Pourquoi le dioxyde de titane n’est-il pas interdit dans les dentifrices comme il l’est dans l’alimentaire ?", s’interroge dans le hors-série Magali Ringoot, chargée de campagne santé-environnement au sein de l’association Agir pour l’environnement et responsable d’une grande enquête sur les dentifrices en mars 2019. 

Autres substances nocives à éviter : le lauryl sulfate de sodium ou sodium lauryl sulfate (SLS), un produit utilisé pour faire mousser le dentifrice et qui peut se révéler irritant pour les gencives et les muqueuses. Un composant particulièrement présent dans les produits bio. Plusieurs en contiennent sur les 12 étudiés par 60 Millions de consommateurs : le Sanogyl "soin gencives au complexe vitaminé", le Sensodyne "action sensibilité" rouge ou encore le Signal "haleine pure".

Les dentifrices contenant du triclosan, un antimicrobien fortement suspecté d’être un perturbateur endocrinien, sont également à éviter. En 2017, plus de 200 scientifiques venant de 29 pays ont lancé l’Appel de Florence, afin d’interdire son utilisation. À noter toutefois que, sur les 12 références analysées par l'association de consommateurs, aucun n'en contient, " le soin gencives au complexe vitaminé Sanogyl en ayant été récemment débarrassé", précise le magasine.

Des pâtes trop efficaces

Autre problème des pâtes à dentifrices : elles sont parfois un peu trop efficaces. "Je déconseille d’acheter les dentifrices avec des allégations du type 'action blancheur”", met en garde le Dr Sarah Brigonnet, chirurgien-dentiste,  qui explique que ces produits peuvent avoir un "effet blancheur à court terme" mais "à long terme, à force de diminuer l'épaisseur de l'émail, le tissu de couleur jaune situé dessous, la dentine, risque d'apparaître en transparence". Mais le consommateur n'a aucun moyen de déterminer le pouvoir abrasif des dentifrices, aucune législation ne contraignant les fabricants à mentionner l'indice d'abrasivité de la pâte sur leurs emballages. 

Les dentifrices à base de charbon sont notamment à risque. "Il ne faut absolument pas utiliser ces dentifrices tous les jours, mais au maximum deux fois par semaine, une précaution qui n'est pas indiquée forcément sur les boîtes", détaille Sophie Coisne. Le dentifrice Email diamant "Le charbon", l'un des plus chers de la sélection de l'association, est ainsi l'un des plus dangereux pour les dents. 

Enfin, la mode du "sans fluor" est pointée du doigt par 60 Millions de consommateurs. "C'est une mode qui a commencé dans les magasins bio qui cherchaient à vendre des produits 100% naturels", détaille la rédactrice en chef adjointe. Si des études menées ont déterminé que le fluor, ingéré en grande quantité chez l'enfant, pouvait provoquer une fluorose dentaire, soit des tâches marron sur les dents indélébiles, le risque est limité avec une utilisation classique de dentifrice et il est "inexistant chez l’adulte", précise Sophie Coisne. "Le problème de supprimer le fluor, c'est qu'il est vraiment efficace pour diminuer de 24% en moyenne le risque carieux. Ce qui est énorme, notamment chez les enfants et les personnes âgées. Donc se passer de fluor, c'est une perte de chance pour les dents". Seule condition pour se passer de ce produit : avoir une hygiène bucco-dentaire absolument exemplaire.


Annick Berger | Reportage TF1 Guillaume Frixon et Céline Olive

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