En avoir plein le dos, avoir le souffle coupé... : les expressions de la santé trouvent-elles une réalité médicale ?

par Emilie CARTIER pour TF1 INFO
Publié le 29 février 2024 à 20h00

Source : JT 13h Semaine

Dans la langue française, on ne compte plus les expressions en lien avec le corps et la santé.
Plébiscités, la gorge, la tête et le dos représentent des points de départ d’une double lecture.
Même s’il ne faut rien généraliser, la plupart des expressions ne sont pas dénuées de fondements physiologiques.

Peut-on vraiment parler de coïncidences lorsque les mots correspondent aux maux physiques ? Passées sous silence de manière volontaire ou non, les douleurs s’expriment à travers des expressions mettant en scène une partie du corps humain. Dans son livre "Votre corps parle : écoutez-le !" publié aux éditions Jouvence, Geneviève Choussy-Desloges explique que le corps exprime ce que l’inconscient ressent. 

La gorge, le siège de nombreuses expressions populaires

Suite à une injustice, vous avez sûrement déjà dû l’avoir en travers de la gorge. Les annonces qui font l’effet d’une bombe ressemblent à un aliment difficile à avaler. En raison de la contraction des muscles de la gorge, la déglutition devient difficile. 

Toutefois, l’histoire s’en mêle puisque cette expression puise son origine au Moyen Âge. L’ordalie était une pratique très répandue à cette époque qui consistait à gaver le suspect de pain ou d’hostie. Si l’aliment se bloquait dans la gorge et provoquait l’étouffement, le malheureux était jugé coupable. 

À peu près similaires, les expressions "avoir un chat dans la gorge" et "rester sans voix" surviennent après un choc violent ou une grande surprise. Soudain, les mots manquent ou ne veulent plus sortir. Or, les muscles des cordes vocales se contractent et forment comme une crampe sous le coup d’une profonde émotion. 

Interloqué par une nouvelle, on peut aussi "avoir le souffle coupé". Cette expression s’explique médicalement. Selon le Dr Magro, médecin urgentiste et auteur du livre "Bon pied, bon œil !", on peut avoir l’impression de suffoquer suite à une attaque de panique résultant d’un choc. 

En a-t-on vraiment "plein le dos" ?

Qui en a jamais eu "plein le dos"  ? Très connue, cette expression de la santé met des mots sur ce que le corps supporte. L’expression "en avoir plein le dos" traduit un trop-plein et renvoie au ras-le-bol éprouvé dans certaines situations de surmenage ou de charge mentale trop importante. Or, il existe un véritable lien entre le stress et le mal de dos. 

Comme l’explique le Dr Gilles Mondoloni, médecin ostéopathe et acupuncteur, auteur de "Stop au mal de dos", les tensions musculaires liées au stress peuvent bloquer entièrement le dos au niveau des épaules et des lombaires. En cas d’anxiété, le cerveau transmet beaucoup d’informations aux nerfs qui se trouvent saturés. Le muscle répond à cette sollicitation en se contractant, ce qui entraîne la douleur. 

Se prendre la tête et être mal dans sa peau : réalité ou fiction ?

En période de tracas, vous avez l’impression que votre souci occupe entièrement votre esprit. Obsédant, il ne laisse plus la place aux autres pensées. L’expression "se prendre la tête" n’a rien d’abstrait. Comme le souligne Sophie Braun, psychanalyste et auteur de "La Tentation du repli", l’espace psychique dans son intégralité est focalisé sur un point en particulier. 

Le fait de se prendre trop la tête peut provoquer un mal-être. On ne croit pas si bien dire lorsque l’on déclare "se sentir mal dans sa peau". Pour le Docteur Marc Magro, le stress libère de l’histamine, une molécule qui déclenche des réactions inflammatoires. Il vaut mieux donc arrêter de se faire de la bile ! 


Emilie CARTIER pour TF1 INFO

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