Enfants maltraités : des clefs pour mieux repérer les vctimes

Le service METRONEWS
Publié le 17 novembre 2014 à 17h38
Enfants maltraités : des clefs pour mieux repérer les vctimes

DETECTION – Chaque jour, deux enfants meurent sous les coups d'adultes. Pour repérer la maltraitance infantile en amont, la Haute autorité de santé publie des recommandations à destination des médecins.

En France, 1,5 million d'enfants sont victimes de maltraitance, alerte la Haute autorité de santé (HAS). Chaque jour, on estime à deux les décès d'enfants sous les coups d'un adulte. Et chez les jeunes qui ont été victimes de maltraitance, on observe dix fois plus de troubles du comportement alimentaire, trois fois plus de toxicomanes, six fois plus de pulsions suicidaires. Or "90% des enfants maltraités ne sont pas repérés", regrette auprès de metronews Cédric Grouchka, membre du collège de la HAS.

Pour lutter contre ce "drame de l'ombre", la HAS a donc émis des recommandations à l'usage des médecins. En effet, seuls 5% des signalements sont faits par des professionnels de santé (4% du personnel hospitalier, 1% en ambulatoire). Et ce, alors qu'ils sont structurellement en première ligne pour repérer ces cas de maltraitance. "Ce n'est ni de la négligence, ni de l'indifférence", poursuit-il.

Les signes qui doivent alerter

Cette sous-estimation s'explique par plusieurs facteurs. Tout d'abord, les médecins pensent, à tort, qu'il s'agit d'un phénomène rare. Ils vont également avoir du mal à imaginer que ce problème puisse advenir dans des catégories socio-professionnelles équivalentes à la leur. Alors que "toutes les classes sociales sont touchées", insiste Cédric Grouchka. Ils ne connaissent pas non plus les faisceaux de signes qui doivent alerter.

D'où l'importance de rappeler qu'une ecchymose chez un enfant qui ne marche pas est un élément très suspect, tout comme des bleus sur les faces internes des bras ou des cuisses. De même, une fracture du crâne ne peut être provoquée seulement par une chute accidentelle depuis la table à langer. Des brûlures qui ont des bords nets éveillent le doute.

Un devoir médical...

Outre ce manque de formation, si jamais les professionnels de santé ont un doute, ils ne savent pas vers qui se tourner. Sans compter la peur de se tromper. "Si leurs doutes sont étayés, il faut faire un signalement. Protéger l'enfant est un devoir médical. Et, malheureusement, il y a plus de chances d'être dans le vrai que dans le faux. Il s'agit de détecter le danger, pas de se substituer aux policiers ni aux juges", explique le membre de la HAS. En cas de doute, le médecin doit passer la main à la cellule départementale de recueil d'évaluation et de traitement des informations préoccupantes (Crip) de son département.

Pour vérifier que ces recommandations permettront aux professionnels de santé d'envisager la maltraitance et de s'engager dans une démarche de signalement, la HAS va envoyer à ceux qui sont abonnés à son webzine un questionnaire sur ce sujet et en fera de même dans un an. Espérons que cette initiative permettra d'enrayer ce "phénomène de masse".

...et un devoir citoyen

Au-delà des médecins, chacun doit rester vigilant. C'est même une obligation selon l' article 434-3 du code pénal  : "Le fait, pour quiconque ayant eu connaissance de privations, de mauvais traitements ou d'atteintes sexuelles infligés à un mineur de quinze ans [...] de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45.000 euros d'amende."

Si vous avez connaissance de la situation d'un enfant en danger (ou en risque de l'être), avertissez les autorités ou appelez le numéro d'urgence "Allô enfance en danger" au ☏ 119 (24/7, appel gratuit). 

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