Depuis près d'un mois, l'épidémie de Covid-19 repart à la hausse.
Si les contaminations semblent dernièrement refluer légèrement, la situation est de plus en plus tendue à l'hôpital et les décès augmentent.
Un contexte d'autant plus délicat que les épidémies de grippe et de bronchiolite sévissent toujours.

Déjà "difficile", la situation sera "encore plus tendue" pendant la période des fêtes. La Première ministre Elisabeth Borne a tenu à mettre en garde les Français, ce mardi 20 décembre, face à la virulence de trois épidémies "qui se superposent" actuellement : le Covid-19, la grippe et la bronchiolite, en appelant à la vaccination et au port du masque. Du côté du coronavirus en particulier, si la vague actuelle semble avoir atteint un pic de contaminations, les hospitalisations et les décès continuent leur progression.

"Ce que l'on observe au niveau national, c'est une légère baisse du taux de positivité", mais "les nouvelles hospitalisations de patients Covid-19 sont toujours en hausse" et "les décès (...) continuent d'augmenter", a résumé vendredi dernier Nicolas Methy, expert chez Santé publique France, lors d'une conférence de presse.

Les hospitalisations à la hausse

Le sommet de la vague actuelle pourrait en effet d'ores et déjà avoir été atteint : bien que des mesures précises soient difficiles en raison d'un mouvement social au sein des laboratoires de biologie, les indicateurs marquent tout de même un début de recul des contaminations. En moyenne, 54.883 cas positifs au Covid-19 sont remontés chaque jour, soit une baisse de 12% par rapport à la semaine passée, renseigne le site CovidTracker, d'après des données actualisées lundi. 

À l'hôpital en revanche, le tableau se détériore : en près d'un mois, ce nouveau rebond de l'épidémie a déjà entraîné plus de 24.000 hospitalisations, un chiffre sans précédent depuis le printemps dernier. Actuellement, on enregistre quelque 1504 admissions en moyenne par jour, dont 126 en soins critiques, soit une hausse respective de 8% et de 10% sur sept jours. Les décès hospitaliers grimpent quant à eux à 102 en moyenne par jour, soit 20% de plus que la semaine passée. 

Selon les dernières modélisations de l'Institut Pasteur la semaine passée, les hospitalisations pourraient toutefois atteindre un plateau dans les deux dernières semaines de décembre, même si la situation pourrait être contrastée d'une région à l'autre. Le Covars, lui, souligne dans son dernier avis du 16 décembre "une proportion modérée de formes graves", mais appelle à la prudence pendant les fêtes. La baisse des températures, la promiscuité dans des lieux clos, le "brassage intergénérationnel" et la faible couverture vaccinale des plus fragiles sont autant de "facteurs d’aggravation potentielle du risque épidémique".

Quant au virus lui-même, l'héritier du Conseil scientifique relève "l'augmentation de circulation du sous-variant BQ.1.1 issu du variant Omicron BA.5". Il est désormais majoritaire, représenté à environ 60% au niveau national, mais "sans signal d’augmentation de pathogénicité" pour l'heure, c'est-à-dire sa capacité à transmettre la maladie. 

Pic à venir pour la grippe, probablement déjà passé pour la bronchiolite

En parallèle de cette vague, les épidémies de grippe et de bronchiolite sévissent aussi : Elisabeth Borne a relevé de manière générale "un afflux nettement plus important que d'habitude de personnes aux urgences et sur les appels au SAMU", qui sont en hausse de 20 à 30%.

Du côté de l'épidémie de grippe, qui vient de gagner toute la métropole, son "début précoce expose à une épidémie de grande amplitude, avec un pic attendu pour la fin décembre", commente le Covars. Les indicateurs augmentent dans toutes les classes d'âge et les hospitalisations ont bondi de 117% en une semaine, selon le dernier bulletin de Santé publique France du 14 décembre. Mais aucun élément n'indique pour l'heure que le virus est plus dangereux que les années précédentes. 

Quant à la bronchiolite, dont les contaminations atteignent des niveaux records chez les nourrissons, l'épidémie se poursuit "à un niveau élevé" en France métropolitaine ainsi que dans plusieurs territoires ultramarins, toujours d'après l'agence de santé publique. Le Covars relève de son côté "des transferts d’enfants en nombre très supérieur à l’épidémie de 2021/22" à l'hôpital. Néanmoins, les autorités sanitaires ont noté la semaine du 5 décembre une diminution des passages aux urgences et des hospitalisations (-22% et -16% en une semaine), "signant le passage très probable du pic de l’épidémie"


Maëlane Loaëc (avec AFP)

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