Covid-19 : la France face à la 7e vague

Covid-19 : la septième vague est-elle derrière nous ?

Idèr Nabili
Publié le 20 juillet 2022 à 18h43
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Après de longues semaines de hausse, le nombre de cas de Covid-19 est enfin reparti à la baisse en France.
Pour autant, la septième vague demeure à un niveau important, y compris à l'hôpital, prévient l'infectiologue Benjamin Davido auprès de TF1info.

Les voyants semblent (à nouveau) au vert. Après plusieurs semaines de hausse du nombre de cas de Covid-19, le ciel se dégage enfin sur le plan sanitaire. Depuis le 10 juillet et un pic à 130.000 contaminations quotidiennes recensées en moyenne, les tests positifs au Covid-19 sont en baisse. D'après les données de Santé publique France recensées par CovidTracker, 95.000 cas sont désormais enregistrés chaque jour, en baisse constante, malgré un biais provoqué par le jour férié du 14 juillet.

"Le pic de la septième vague au niveau des contaminations est manifestement derrière nous, puisque l'incidence diminue d'environ 21%", confirme auprès de TF1info Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré (Garches). "En revanche, le taux de positivité ne diminue pas", prévient-il. Selon CovidTracker, cet indicateur s'est stabilisé autour de 30%, ce qui signifie que le nombre de tests effectués a diminué dans les mêmes proportions. "Cela crée une dynamique de contaminations et entretient la circulation virale", met en garde Benjamin Davido.

"Pas de décrue dans les hospitalisations"

D'autant que dans les services hospitaliers, la septième vague est toujours présente. "Pour l'instant, nous ne voyons aucune décrue dans les hospitalisations", poursuit l'infectiologue. "Elles ont même augmenté de 10% par rapport à la semaine dernière. Sur dix appels ce mercredi, j'ai reçu huit propositions pour hospitaliser des patients Covid", illustre-t-il. "À l'hôpital, le pic n'est pas attendu avant août."

Or, une nouvelle vague à la rentrée menace déjà. D'après l'Organisation mondiale de la Santé, le nombre de cas devrait repartir à la hausse dans les mois qui viennent à cause de la fin des vacances d'été, de la réouverture des écoles et d'interactions sociales se produisant davantage en lieux clos à mesure que les températures baissent. "Tous les éléments nous font penser que nous aurons une huitième, voire une neuvième vague", confirme Benjamin Davido, évoquant également le variant "centaure", détecté chez nos voisins.

"Cette vague hospitalière crée les conditions d'une saturation des lits"

L'infectiologue craint par ailleurs que l'hôpital n'y soit pas suffisamment préparé. "Si nous restons avec des chiffres de contaminations élevés, cela ne permettra pas de libérer les lits d'hôpitaux", prévient-il. "C'est comme si nous ne vidions pas la baignoire avant une hypothétique huitième vague. Cette vague hospitalière non gérée est en train de créer les conditions d'une saturation des lits à l'hôpital à la rentrée. Elle nous empêche de préparer le terrain d'une huitième vague."

Pour l'éviter, Benjamin Davido plaide pour une nouvelle vaccination des personnes les plus à risque, si possible avec un vaccin adapté aux souches en circulation. "S'il y a autant de personnes à l'hôpital, c'est qu'il n'y a plus suffisamment d'immunité, qu'elle soit vaccinale, naturelle ou hybride, dans la population", estime-t-il. "Il faudrait donc avoir un discours de sincérité et préparer, à la rentrée, une vaccination pour la population qui risque de se retrouver à l'hôpital, y compris pour les moins de 60 ans qui ont d'autres maladies." En ce sens, le ministère de la Santé et de la Prévention a annoncé ce mercredi l'ouverture de la deuxième dose de rappel à tous les adultes à risque de formes graves.

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Outre le vaccin, l'infectiologue estime que seule une "addition de mesures" - dont le masque en lieux clos - permettra d'atténuer la vague. "J'appelle à des décisions cohérentes. Il n'a pas suffi de dire que la pandémie était terminée pour empêcher la septième vague, et cela n'empêchera probablement pas la huitième. Si, comme pour la septième vague, nous continuons à ne prendre aucune décision conditionnée à des chiffres, il faudra alors se poser la question de l'intérêt du dépistage, hormis à l'hôpital. Quel est l'intérêt de savoir qu'il y a 50, 100 ou 150.000 cas, si le nombre de contaminations n'est pas pris en compte ? Il faut un plan à plusieurs scénarios, pour que les Français prennent leurs responsabilités."


Idèr Nabili

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