L'Institut national du cancer s'est penché sur ce que savaient les Français sur la nocivité du vin.
23,5% des 15-85 ans considèrent que boire un peu de vin diminue le risque de cancer.
Plus de la moitié des personnes interrogées estiment aussi à tort que la pollution provoque plus de cancers que l'alcool.

Certaines croyances ont la vie dure. Dans son baromètre 2021, l'Institut national du cancer (INCa) s'est penché sur les opinions partagées par les Français concernant la nocivité du vin, à l'occasion de la Journée mondiale contre le cancer, le 4 février prochain. 

Les résultats de l'étude montrent que la dangerosité de l'alcool et le lien entre alcool et cancer sont largement sous-estimés, particulièrement par les buveurs quotidiens.

Une méconnaissance des risques de l'alcool

Ainsi, parmi les 15-85 ans, 7,2% des personnes interrogées se déclarent "tout à fait d'accord" avec le fait que boire un peu de vin diminue le risque de cancer plutôt que de ne pas en boire du tout, et 16,3% des personnes sont "plutôt d'accord". Des effets protecteurs donnés au vin qui restent des croyances. En effet, l'Institut national du cancer a mis en évidence la dangerosité de l'alcool, et ce, dès de faibles niveaux de consommation.

D'autres opinions fausses sont encore largement partagées par les Français et les Françaises. En 2021, 82,2 % des personnes de 15 à 85 ans estiment que les accidents de la route et la violence sont le principal risque lié à la consommation d’alcool. 57,7% des personnes interrogées pensent par ailleurs que la pollution provoque plus de cancers que l'alcool. Une fausse opinion à nouveau. 

Selon l'Agence européenne pour l'environnement, la pollution de l’air (tant à l’intérieur qu’à l’extérieur) est liée à environ 1 % des cas de cancer en Europe et provoque environ 2 % des décès dus au cancer. A contrario, l'INCa souligne qu'en

France, l'alcool est l’une des principales causes de mortalité avec 41.000 décès estimés en 2015, dont 16.000 par cancers, et 28.000 nouveaux cas de cancers, ce qui en fait le deuxième facteur de risque de cancer évitable après le tabac.

Face à ces résultats, l'INCa assure que la "débanalisation" est indispensable. "La prévention dans ses formes éducatives est un levier pertinent pour réduire la consommation d’alcool et doit être davantage développée", suggère l'Institut. S'il rappelle dans son étude que les mesures telles que l'interdiction de vente d'alcool et l'augmentation du prix sont les moins populaires parmi les personnes interrogées, l'Institut appelle à réfléchir malgré tout à une réflexion sur la régulation du marché de l'alcool en France et son impact en termes de santé publique. En France, le niveau de consommation d'alcool est l’un des plus élevés au monde selon l’Organisation de coopération et de développement économique.


Aurélie LOEK

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