Nouveau-nés : le peau à peau stimulerait l’intelligence des enfants

Julie Bernichan
Publié le 12 décembre 2016 à 13h03
Nouveau-nés : le peau à peau stimulerait l’intelligence des enfants

Source : Thinkstock

ÉTUDE – Des scientifiques révèlent que les bambins qui ont bénéficié du peau à peau à la naissance sont moins sujets aux comportements agressifs, impulsifs et hyperactifs que les autres. Et pour ne rien gâcher, ils réussissent ensuite mieux les tests de QI.

Le moment est privilégié. Bébé à peine sorti du ventre se love contre le torse de sa mère (ou de son père). Peau contre peau, ils échangent alors leurs premiers liens. La technique, aussi appelée "méthode kangourou", est pratiquée à l’origine comme une alternative à la couveuse pour les prématurés dans les pays en manque de moyens. Mais de plus en plus de maternités françaises la proposent aussi. Et pour cause, les bénéfices sont nombreux : le nouveau-né se réchauffe instantanément, se préserve des infections et démarre sa vie plus sereinement. 

Mais encore mieux, les scientifiques révèlent que le peau à peau produit des effets même vingt ans plus tard. Comme le montrent leurs travaux publiés dans la revue Pediatrics, qui ont été financés par le gouvernement canadien. 

Un meilleur développement

Pour cette étude, les scientifiques de l’organisation gouvernementale canadienne "Grands challenges Canada" et de la Kangaroo Foundation, en Colombie, ont suivi 264 enfants nés prématurément entre 1993 et 1996 à Bogota. Certains ont été placés en couveuse. Et d’autres ont bénéficié de ce fameux peau à peau. Près de vingt ans plus tard, les chercheurs ont voulu savoir s’il y avait des différences significatives entre ces deux groupes. 

Le verdict est sans appel. A l’âge adulte, les enfants issus du groupe "peau à peau" ont eu globalement 3,5 % plus de réussite aux tests de QI. Le volume du cerveau est également plus important, preuve d’un bon développement cérébral. Aussi, ils étaient moins absents à l’école et gagnaient 50 % de plus, en termes de salaire une fois qu'ils avaient intégré la vie active, que les autres jeunes du même âge n’ayant pas bénéficié de la technique. 

Globalement, ils sont moins enclins à avoir des comportements agressifs, impulsifs et hyperactifs à l’âge adulte que le groupe de contrôle. Mais surtout, les enfants qui ont bénéficié de cette méthode ont deux fois plus de chance d’atteindre leur vingtième anniversaire. 

Une méthode applicable dans tous les pays

Les répercussions de la méthode sont ainsi loin d’être éphémères. "Les effets protecteurs sont encore significatifs vingt ans après, qu’ils soient sociaux ou comportementaux. Nous sommes convaincus que cette technique est efficace, preuve scientifique à l’appui, et elle a l’avantage de pouvoir être pratiquée dans tous les milieux", précise le Dr Nathalie Charpak de la Kangaroo Foundation.  La pédiatre française installée à Bogota depuis une trentaine d’années a notamment dirigé les travaux. 

En plus de créer un lien privilégié, la méthode kangourou pourrait aussi sauver de nombreuses vies. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que 15 millions de nourrissons naissent prématurément chaque année à travers le monde. Près d’un million d’entre eux décède des suites d’une complication. Pourtant, "les trois-quarts pourraient être évités grâce à des interventions courantes, à la fois efficaces et peu onéreuses, même sans recourir aux soins intensifs", précise l’agence sanitaire des Nations Unies. Bref, rien ne vaut les bras d'un parent. Surtout à la naissance. 

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