Santé mentale des jeunes : pensées suicidaires et tentatives de suicide en hausse chez les 18-24 ans

Publié le 5 février 2024 à 6h00

Source : JT 20h Semaine

Une étude publiée ce lundi confirme la détérioration de la santé mentale des jeunes adultes.
La prévalence des pensées suicidaires chez ces derniers a ainsi connu une hausse entre 2014 et 2021 avec une accélération entre 2017 et 2020.
Cette détérioration est d'autant plus marquée chez les jeunes femmes.

La tendance était déjà connue d'après les données de passage aux urgences et d’hospitalisation. Une étude de Santé publique France, publiée ce lundi 5 février, confirme la détérioration de la santé mentale des jeunes adultes et notamment une augmentation importante des pensées suicidaires et des tentatives de suicide au cours de la vie chez les 18-24 ans, depuis une dizaine d’années.

En 2021, 4,2% des 18-85 ans ont déclaré avoir pensé à se suicider au cours des douze derniers mois. Au total, 6,8% ont déclaré une tentative de suicide au cours de leur vie et 0,5% au cours de l’année écoulée. Parmi les 18-75 ans, la prévalence des pensées suicidaires et des tentatives de suicide déclarées dans l’année était en légère baisse depuis 2014, tandis que celle des tentatives de suicide au cours de la vie s’était stabilisée aux alentours de 7%. 

Vers une meilleure compréhension des causes

Des évolutions spécifiques ont été observées chez les jeunes adultes, par rapport à l'ensemble de la population, souligne l'étude. Parmi les 18 à 24 ans, la prévalence des pensées suicidaires dans l’année est ainsi apparue stable entre 2010 et 2014 avant de connaitre une augmentation entre 2014 et 2021 (passant de 3,3% à 7,2%), avec une accélération entre 2017 et 2020 (passant de 4,6% à 7,4%,). Dans le détail, la prévalence des pensées suicidaires survenues dans l’année a ainsi été multipliée par trois chez les jeunes femmes de 18-24 ans entre 2014 et 2021 (passant de 3,3% à 9,4%) tandis que chez les jeunes hommes, elle a significativement augmenté entre 2017 et 2020 (passant de 3,6% à 7,1%). 

Face à ce constat, Santé Publique France prône une meilleure compréhension des mécanismes qui affectent la santé mentale des plus jeunes, en particulier depuis la pandémie de Covid-19. Une réflexion qui s'inscrit dans la cadre de la stratégie nationale de prévention du suicide et du renforcement des dispositifs de prise en charge.

Pour rappel, la France présente, au sein des pays européens, un des taux de suicide les plus élevés. Comme à l’étranger, la crise sanitaire provoquée par l’épidémie de Covid-19 a eu un impact important sur la santé mentale de la population. 

Méthodologie  : en 2021, le Baromètre de Santé publique France a interrogé un échantillon aléatoire de 24.514 personnes âgées de 18 à 85 ans, résidant en France métropolitaine, et 6 519 résidant dans les départements et régions d’outre-mer (DROM), par collecte assistée par téléphone et informatique (Cati). 


Audrey LE GUELLEC

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