Ex-anorexique, elle partage des photos avant-après et raconte son combat contre la maladie

Charlotte Anglade
Publié le 19 octobre 2018 à 12h28
Ex-anorexique, elle partage des photos avant-après et raconte son combat contre la maladie

Source : Thinkstock

L'essentiel

TÉMOIGNAGE - Sarah Rav, âgée de 20 ans, a été atteinte pendant plusieurs année d'anorexie. Aujourd’hui en voie de guérison, cette étudiante australienne a décidé de témoigner sur sa maladie, sur son expérience et sur ce qui l'a poussée à sortir de cette sombre phase de sa vie.

"Lorsque j'étais malade, je pensais que je ne méritais pas de manger. Je pensais que la nourriture était une "indulgence" et que la vraie force résidait dans le fait de pouvoir résister aux tentations." Les photos de sa guérison, Sarah Rav les affiche aujourd'hui fièrement sur les réseaux sociaux. Cette Australienne de 20 ans, étudiante en médecine, a été anorexique durant plusieurs années. Dans les heures les plus sombres de sa maladie, elle ne pesait plus que 30 kilos. Aujourd’hui en voie de guérison, elle a décidé de témoigner sur ce mal qui a failli lui coûter la vie et de raconter ce qui l'a poussée à recommencer à manger.

Une vie soumise à des exigences drastiques

"Au pire de ma maladie, j’ingurgitais 300 à 400 calories par jour. Le petit-déjeuner se résumait en un yaourt sans matière grasse et sans sucre. Le déjeuner consistait à une barre protéinée et à un soda sans sucre, et le dîner se limitait à des légumes, comme de la salade, des courgettes ou des brocolis avec une sauce faible en calorie ou rien du tout. J’avais faim TOUT LE TEMPS et je détestais vraiment ce que je mangeais", se souvient-elle lors de son témoignage sur le site My Body and Soul. En plus de ce régime, la jeune fille pratiquait trois heures de sport par jour, se levant à 2h30 du matin pour courir une dizaine de kilomètres, puis, après ses cours à l’université, soulevait des poids pendant une heure trente. "Si je sautais une séance de course à pieds, le sentiment d’échec total et de culpabilité me consumait et je ne m’autorisais pas à manger pour me punir de n’avoir pas été 'assez forte'", raconte-t-elle.

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When I was sick, I thought I DIDN’T DESERVE to eat ❌🚫 I thought that all food was an “indulgence” and that true strength was being able to withstand the temptation. This mindset wasn’t limited to “junk food” but any food 🥗🍕🥪 That meant that I though eating basic amounts that any body would need to SURVIVE would mean I was a “failure” and not strong/determined enough. - As you can imagine, it was hell. But you know what? I am SO thankful for making it through this. Because every single day, when I get bombarded with messages from people in the same position as I was, I understand exactly where they’re coming from BUT I also understand exactly what they need to hear. - It can be easy to look at the girl on the left and worry only about physical health. It can be easy to forcefeed her so that she LOOKS healthy again on the outside. . Except, you haven’t fixed the problem❗️ Instead, to every single person who reaches out to me, I explain to them HOW LIBERATING it is to be free of that destructive mindset 🙏🏽🧘🏽‍♀️ . I know that it’s not just a physical change that they need. It’s mental. They need to know that they are WORTHY. 🌟 They need to know that they are loved at ANY SHAPE and size. They need to know that they DESERVE to enjoy food. That they DESERVE TO BE HEALTHY. That they DESERVE TO BE HAPPY. - And if knowing this has helped any of the hundreds of tortured souls I’ve talked through, then the terrible sh*t I went through 100% worth it.

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J’ai été capable de ne manger que 400 calories hier, pourquoi ne pas tenter de descendre à 350 aujourd’hui ?

Sarah Rav

Dans son témoignage auprès du média australien, la jeune femme affirme que sa maladie n’avait rien à voir avec la volonté de perdre du poids, mais était plutôt le résultat d’une obstination à vouloir dépasser ses limites. "Ce qui m’a conduit à l’anorexie était ce genre de résonnement : 'J’ai été capable de ne manger que 400 calories hier, pourquoi ne pas tenter de descendre à 350 aujourd’hui ?' ou 'J’ai été courir 15 kilomètres hier, si j’en courais 16 aujourd’hui ?'". La rigueur de son mode de vie et sa maladie l'ont finalement poussée à s'isoler socialement et personne, dans un premier temps, ne s'est rendu compte de sa perte de poids vertigineuse, camouflée par plusieurs couches de vêtements. C'est finalement son visage émacié qui a mis la puce à l'oreille de ses professeurs.

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On the left, people use to physically RECOIL when I smiled 😞 Maybe because of how sick I looked and how unnatural it was. Consequently, I grew so self-conscious that I started to HATE smiling. I started to HATE my face, because it was the one thing I couldn’t hide from the world, under clothing. 👚👗 It was the one thing that told people straight away that I was sick. For about 4 months, I didn’t smile 😐 I tried not to talk to anyone. I tried not to show my face. I tried to withdraw from society. In fact, I HID myself away from my friends, my family and from the public - 👉🏽👉🏽 Fast forward to today on the right. I LOVE my face 💞 I love that my cheeks have filled out. I love that I have my dimples back. I love that it’s one of the things that tell people straight away how healthy I am. Ask anyone who knows me - they’ll tell your that now, NOTHING can ever wipe that smile off my face ☺️☺️☺️☺️ - From this, I’ve learnt that no matter what life throws at you, no matter how sh*t life gets, you shouldn’t let ANYTHING dictate how you feel, except you 👊🏽 Sure, I obviously wasn’t that healthy physically, but from hiding that smile, I hurt myself mentally too. So if you’ve taken the time to read this... Firstly, thank you (you’re a legend and you have a really long attention span, I’m impressed) ✌🏽 Secondly, and more importantly, DON’T make the same mistake I did. Remember that YOU control your own happiness. And that no matter what you look like, no matter who you are, what you’re going through or where you live - your smile will ALWAYS be beautiful 💫😍

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Le déclic

S'inquiétant de son état de santé, la direction de son université lui intime de ne plus revenir en cours jusqu'à ce qu'elle consulte un médecin et un psychologue. Ce qu'elle a alors fait. "Il n'y a rien de plus que je désirais, et désire encore, que de devenir médecin. [...] Alors, dès que j'ai réalisé que cette maladie mettait mon futur en danger, j'ai fait tout mon possible pour la surmonter et me rétablir", explique-t-elle à My Body and Soul.

L'étudiante arrête alors tout exercice physique durant deux mois et décide de ne plus compter les calories de ses repas. "Honnêtement, ce sentiment de pure liberté le premier jour, de ne pas être sous le contrôle d'un chiffre, m'a fait ressentir quelque chose que je n'avais jamais ressenti avant." Elle se force ensuite à manger la nourriture qui l'effrayait auparavant, comme les pancakes ou les burgers, avant de se rendre compte que cela ne changeait rien à sa vie, excepté qu'elle prenait désormais du plaisir à manger et reprenait goût à la vie.

Aujourd'hui, Sarah Rav consacre son temps à sensibiliser autour de ce trouble alimentaire qu'est l'anorexie. Elle a aussi monté son propre programme de fitness.