Covid-19 : le défi de la vaccination

Face au variant Omicron, le vaccin ne suffira pas, prévient le PDG de BioNTech

AL
Publié le 20 décembre 2021 à 9h14, mis à jour le 21 décembre 2021 à 18h41
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

PANDEMIE - Le cofondateur et PDG du laboratoire à l'origine du vaccin à ARN Messager produit avec Pfizer a rappelé qu'au-delà du vaccin, les "mesures de protection" restaient essentielles contre le variant Omicron.

Si depuis le début de la pandémie, la course aux vaccins puis la campagne de vaccination a concentré la plupart des efforts, cela ne suffira pas pour arrêter la pandémie. C'est en tout cas ce qu'a assuré Ugur Sahin, PDG et cofondateur du laboratoire BioNTech, à l'origine du vaccin à ARN Messager produit avec Pfizer. 

"Nous devons être conscients que même les triple-vaccinés sont susceptibles de transmettre la maladie", a-t-il rappelé dans un entretien accordé au quotidien Le Monde

Il est évident que nous sommes loin des 95 % d’efficacité

Ugur Sahin, PDG de BioNTech

En effet, s'il souligne que les premières données montrent que le vaccin reste efficace contre le variant Omicron, notamment après trois doses, l'immunologue allemand a pointé l'incertitude concernant la durée de cette protection. "Nous devons regarder la situation d’une façon différenciée. Il est évident que nous sommes loin des 95% d’efficacité que nous avions obtenus contre le virus initial", a reconnu Ugur Sahin. 

C'est pourquoi le PDG de BioNTech l'assure, le vaccin, à lui tout-seul, ne suffira pas pour que le virus arrête de se propager. Rappelant que même vaccinées, les personnes peuvent toujours transmettre le Covid-19, Ugur Sahin a indiqué qu'il faudrait continuer à tester, "surtout dans l'entourage de personnes vulnérables", mais également que les "mesures de protection" resteraient essentielles, "en particulier cet hiver". "Sinon nous ne serons pas en mesure de maîtriser l’expansion rapide de ce nouveau variant", a alerté le scientifique.

Dans cet entretien, Ugur Sahin a également annoncé que l'entreprise devrait être en mesure de livrer ses premiers vaccins adaptés à Omicron "en mars, sous réserve de l'approbation des régulateurs". L’entreprise allemande s’est lancée dans la conception d’un vaccin utilisant la protéine spike d’Omicron et ses 32 mutations comme antigène. Le 15 décembre dernier, le docteur Anthony Fauci, conseiller médical du président des États-Unis, avait pourtant estimé que les anticorps produits par la dose de rappel des formules actuelles devaient suffire. 

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Dans un communiqué publié ce mercredi, l'Agence européenne des maladies avait également rappelé que la vaccination ne pouvait pas, ou plus, constituer une solution miracle contre l'épidémie. "Dans la situation actuelle, la vaccination seule ne nous permettra pas d'empêcher l'impact du variant Omicron, car il n'y a pas le temps pour combler les déficits de vaccination toujours existants", avait déclaré Andrea Ammon, directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies dans une allocution vidéo.


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