L'Ordre des médecins a rendu ses conclusions sur la fin de vie ce samedi 1er avril.
Il s'est dit "défavorable" à la participation active des médecins au processus en cas de changement de législation.
En cas de légalisation du suicide assisté, une clause de conscience spécifique est par ailleurs demandée.

Neuf mois de consultation plus tard, l'Ordre des médecins a donné son avis concernant la place du médecin dans le processus de fin de vie. En Assemblée Générale ce samedi 1er avril, l'Ordre a ainsi partagé ses préconisations, se disant notamment "défavorable" à la participation active du professionnel au processus d'euthanasie en cas de changement de législation.

Quel rôle pour le médecin ?

Si une aide active à mourir (euthanasie et/ou suicide assisté) vient à être légalisée en France, l'Ordre s'est ainsi dit "défavorable à la participation d'un médecin à un processus qui mènerait à une euthanasie, le médecin ne pouvant provoquer délibérément la mort par l'administration d'un produit létal". Son opposition à la "participation active" du médecin "lors de la prise du produit létal par le patient" ne l'empêche pas de faire valoir qu'un médecin devrait pouvoir suivre ce patient tout le long du processus.

En amont, l'Ordre des médecins "estime qu’un médecin devrait être le professionnel qui recueille la demande d’aide active à mourir du patient en fin de vie". Il recommande par ailleurs "que l’évaluation, la décision d’éligibilité pour une aide active à mourir, et la responsabilité" soient collégiales. Le médecin traitant et le "médecin spécialiste référent" doivent être systématiquement intégrés à cette décision collégiale, selon l'Ordre.

En cas de légalisation du suicide assisté, l'Ordre demande également qu'une clause de conscience spécifique puisse être mise en place pour les médecins. L'Ordre estime enfin que "la loi devra protéger le médecin qui participerait à la procédure d'aide active à mourir". Finalement, l'organisme se dit "défavorable à toute possibilité de mettre en place une procédure d'aide active à mourir pour les mineurs et les personnes hors d'état de manifester leur volonté".

En l'état actuel de la législation, l'Ordre "estime impératif de permettre une meilleure application de la loi Claeys-Leonetti", qui interdit l'euthanasie et le suicide assisté, mais permet une "sédation profonde et continue jusqu'au décès" dans des cas précis. Il se dit notamment prêt à contribuer "au développement des soins palliatifs et d'accompagnement". 


A. Lo.

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