Soins palliatifs, suicide assisté, euthanasie... le lexique pour comprendre le débat autour de la fin de vie

Publié le 4 avril 2023 à 19h28

Source : TF1 Info

La Convention citoyenne sur la fin de vie a révélé ses conclusions.
Dans la foulée, Emmanuel Macron a demandé un projet de loi sur le sujet "d'ici la fin de l'été".
Afin de s'y retrouver, retour sur les différents termes et concepts mobilisés.

"Euthanasie", "suicide assisté", "soins palliatifs"... si les termes semblent proches, chacun répond à une réalité précise, qu'il convient de différencier. Alors qu'un projet de loi sur le sujet a été demandé par Emmanuel Macron "d'ici à la fin de l'été" suite aux conclusions de la Convention citoyenne, retour sur plusieurs concepts mobilisés dans le débat sur la fin de la vie.

L'euthanasie ou euthanasie active

Dans une note de synthèse datant du 4 avril 2023, le Sénat définit l'euthanasie, aussi appelée "euthanasie active", comme étant "l'administration délibérée de substances létales dans l'intention de provoquer la mort, à la demande du malade qui désire mourir, ou sans son consentement, sur décision d'un proche ou du corps médical". 

Cette définition se base notamment sur un avis de 2013 émis par le Comité consultatif national d'éthique. Dans celui-ci, l'euthanasie était décrite comme un "acte destiné à mettre délibérément fin à la vie d’une personne atteinte d’une maladie grave et incurable, à sa demande, afin de faire cesser une situation qu’elle juge insupportable". L'euthanasie est par conséquent pratiquée par un professionnel ou un tiers sur un patient, avec son consentement. C'est le cas notamment en Belgique, où c'est le médecin qui injecte le produit létal. Dans ce pays, cette pratique est autorisée depuis le 28 mai 2002.

L'euthanasie indirecte

La note de synthèse du Sénat ajoute une autre forme d'euthanasie, appelée "euthanasie indirecte". Cela consiste à "l'administration d'antalgiques dont la conséquence seconde et non recherchée est la mort". Dans ce cas, des traitements palliatifs, comme l'administration de morphine, sont administrés afin de soulager des souffrances, même s'ils abrègent la vie du patient. En Suisse, cette forme d'euthanasie n'est pas autorisée, mais elle est considérée comme admise, rapporte l'Office fédéral de la justice du pays.

L'euthanasie passive

La note de synthèse du Sénat distingue ces formes d'euthanasie avec "l'euthanasie passive", qui correspond au "refus ou l'arrêt d'un traitement nécessaire au maintien de vie". L'Office fédéral de la justice en Suisse cite en exemple le débranchement d'un appareil d'oxygène. Dans ce pays, si cette forme d'euthanasie, qui est généralement opposée à l'acharnement thérapeutique, n'est pas non plus légalisée en tant que tel, elle est permise en pratique. Elle est également tolérée en Allemagne ou en Autriche, si le patient en fait la demande. En Suède, l'euthanasie passive est légale depuis 2010.

Suicide assisté

Dans la note de synthèse du Sénat, le suicide assisté, aussi appelé "aide au suicide" correspond au moment "où le patient accomplit lui-même l'acte mortel, guidé par un tiers qui lui a auparavant fourni les renseignements et/ou les moyens nécessaires pour se donner la mort". Contrairement à l'euthanasie où un professionnel doit intervenir, l'assistance au suicide laisse la personne qui a fait le choix de mourir absorber le produit létal.

Les soins palliatifs

La loi de 1999 qui vise à garantir l'accès aux soins palliatifs en France définie ceux-ci comme correspondant à "tous les traitements et soins d'accompagnements physiques, psychologiques, spirituels et sociaux envers des personnes et leur entourage". Selon la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs, leur objectif est de "soulager les douleurs physiques et les autres symptômes, mais aussi de prendre en compte la souffrance psychique, sociale et spirituelle". Ces soins peuvent être pratiqués en milieu hospitalier, mais aussi dans un centre médico-social ou au domicile du patient.


Aurélie LOEK

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