Foetus opéré : tout comprendre sur cette première médicale

Le service METRONEWS
Publié le 19 novembre 2014 à 20h30
Foetus opéré : tout comprendre sur cette première médicale

SANTE - L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé avoir réalisé, cet été, une opération sur la moelle épinière d'un fœtus. Une intervention qui n'avait jamais été tentée en France.

C'est une première en France. Un foetus qui, dans le ventre de sa mère , souffrait d'une malformation de la colonne vertébrale a pu être opéré dès juillet à l'hôpital Armand-Trousseau, à Paris, plusieurs mois avant l'accouchement. Une opération pratiquée depuis de nombreuses années aux Etats-Unis, mais qui n'avait jamais été tentée dans l'Hexagone.

"Spina Bifida", l'affection qui touchait le fœtus, est rare : elle concerne environ une grossesse sur mille. Il s'agit d'une ouverture anormale entre plusieurs vertèbres trop écartées. La moelle épinière "fuit" entre ces os et se retrouve en partie dans une poche en bas du dos au lieu d'être protégée par la colonne vertébrale. Pour le futur nouveau-né, les conséquences sont graves : "Ce sont des enfants qui ne peuvent pas marcher, qui sont totalement incontinents et qui souffrent d'un retard cérébral très important", explique à metronews le professeur Philippe Deruelle, secrétaire général du collège national des gynécologues et obstétriciens . Beaucoup meurent d'ailleurs dès les premières heures qui suivent l'accouchement.

Une opération "très lourde pour la maman"

Concrètement, le spina bifida peut être détecté à partir de quatre mois, soit par une échographie, soit par un examen sanguin. Si les résultats révèlent la présence de la malformation, les parents peuvent alors opter pour une interruption thérapeutique de grossesse, qui peut être autorisée par le corps médical au-delà de 12 semaines de grossesse. En revanche, s'ils préfèrent conserver leur enfant, l'opération peut être réalisée lors du cinquième mois. Elle consiste à ouvrir l'utérus, comme si l'on pratiquait une césarienne, afin d'accéder au fœtus et de réparer la malformation.

L'intervention est extrêmement délicate, comme l'explique le Pr. Deruelle : "Cette chirurgie est très lourde pour la maman. On va quand même ouvrir un utérus pendant une grossesse. Il peut y avoir des saignements graves, voire un accouchement prématuré." Des risques qui expliquent qu'elle n'ait jamais été tentée en France. "C'est une vraie avancée. Très peu de chirurgiens le font en Europe, et il est probable que l'équipe qui a réalisé cette opération restera la seule à la proposer en France", estime le Pr. Deruelle.

"On ne fait pas disparaître le problème"

Le succès ne signifie d'ailleurs que l'enfant pourra vivre une vie ordinaire. "On ne fait pas disparaître le problème, on peut seulement améliorer l'état de santé du bébé (sic)", insiste le médecin. "Même après intervention, le bébé aura quand même grandi plusieurs mois avec cette malformation." Mais pour les parents qui ne veulent pas recourir à l'IVG, l'opération réalisée cet été peut être une planche de salut.


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