Vague de chaleur : la France face à une canicule précoce en 2022

Pollen : pourquoi les allergies devraient être de plus en plus sévères

Julien Moreau avec AFP
Publié le 19 juin 2022 à 10h49
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Le réchauffement climatique a un impact non négligeable sur la propagation du pollen.
Les fortes chaleurs et le vent causent une forte dispersion des grains dans les airs.
Les personnes allergiques se plaignent de douleurs de plus en plus fortes, certainement dû à une forte augmentation de la quantité de pollen dans l’air.

C'est une tendance qui inquiète les allergologues. En raison du réchauffement climatique, les allergies au pollen pourraient désormais être plus violentes et toucher un plus grand nombre de personnes. En effet, alors que les fortes chaleurs apparaissent de plus en plus tôt dans l’année, elles favorisent la pollinisation tandis que le vent disperse les grains de pollen dans les airs. 

Un effet qui a été largement ressenti durant l'épisode caniculaire qui a touché la France cette semaine, car la chaleur, apparue tôt dans la saison, a contribué à la dissémination d'une très grande partie de pollens de graminées. "Ces dernières semaines, j'ai subi des attaques beaucoup plus fortes que les années précédentes à la même époque", raconte ainsi à l'AFP Élodie Germain, 43 ans, résidente en Île-de-France et allergique au pollen depuis qu'elle est adolescente.

Des symptômes ont été ressentis par beaucoup et de façon très violente

Pasale Courtier

"Dès que j'étais au vert, c'est comme si une vague de pollen déferlait sur moi", a expliqué celle qui possède une résidence secondaire en Normandie. Elle a décrit des symptômes handicapants, entre "un nez qui coule en permanence, des démangeaisons sur tout le visage, le cou et le palais", et aussi "un asthme nocturne pouvant l’empêchant de dormir"

Associations et allergologues confirment avoir reçu un grand nombre d'appels de la part de patients, même s'il n'est pas possible de quantifier le phénomène. Difficile aussi de comparer avec les deux années précédentes, selon Pascale Couratier, directrice générale de l'association française pour la prévention des allergies. "En 2020, il y avait le confinement, donc les gens sont moins sortis. Et l'an dernier, le port du masque a pu protéger contre les allergies", détaille-t-elle.  Toutefois, elle tient à clarifier : "Des symptômes ont été ressentis par beaucoup et de façon très violente".

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Des saisons plus longues

Trois grandes périodes polliniques se succèdent pendant l'année. D'abord celle des pollens d'arbres (olivier, platane, bouleau, chêne...). Puis celle des pollens de graminées qui correspond à la période du rhume des foins. La saison se termine avec les pollens des herbacées et ambroisies. Selon le dernier bulletin du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), qui a surveillé le contenu de l'air en particules biologiques, la France entière est encore en alerte rouge pour les risques allergiques. Et si la situation devrait se calmer après la fin juin, il faut s'attendre, dans les années qui viennent, à des saisons allergiques plus longues et sans doute plus intenses.

"En 30 ans, on a déjà observé que les quantités de pollens de bouleau avaient augmenté de plus de 20%", indique Samuel Monnier, porte-parole du RNSA. Avec les températures qui se réchauffent à la surface du globe, certaines plantes ou arbres gagnent aussi de nouveaux territoires. "De plus en plus d'ambroisies, qui sont des plantes très allergisantes, se déplacent vers le nord, y compris en altitude", ajoute-t-il. 


Julien Moreau avec AFP

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