"Gaz hilarant" : les intoxications au protoxyde d'azote en forte hausse

Audrey LE GUELLEC
Publié le 16 novembre 2021 à 21h03
"Gaz hilarant" : les intoxications au protoxyde d'azote en forte hausse

BILAN - Selon de nouveaux chiffres publiés par les autorités sanitaires, les cas d’intoxication au protoxyde d’azote ont nettement augmenté en 2020 chez les jeunes. Avec parfois, surtout chez les consommateurs réguliers, des conséquences neurologiques graves et durables à la clé.

Un fléau toujours plus visible. Si cela fait déjà quelques années que les cartouches de siphon pour usage culinaire sont détournées pour obtenir, par inhalation, un effet euphorisant, de nouveaux chiffres publiés par l’Anses et l’ANSM pointent la croissance de tels usages détournés du protoxyde d’azote.

Dans le détail, 134 cas ont été rapportés aux centres antipoison en 2020 contre 46 en 2019, tandis que 254 signalements ont été recensés au sein des centres d’addictovigilance contre 47 en 2019, précise l'Anses dans une note publiée ce mardi d'après un rapport daté de septembre.  

Étudiants, lycéens et collégiens concernés

Les deux agences soulignent que cet usage récréatif du "gaz hilarant", aussi appelé ou "proto", concerne principalement des jeunes adultes, notamment des étudiants, mais a aussi été rapporté plus récemment chez des adolescents (lycéens et collégiens). Parmi les 134 personnes exposées au protoxyde d’azote, l’âge médian était de 20 ans (moyenne

à 21 ans) ; 44% des cas avaient entre 20 et 25 ans et 19,4% des cas étaient mineurs, l'âge des concernés allant de 13 à 42 ans.

Si au cours de l’année 2020, le nombre de cas rapportés a augmenté de façon significative, aucun cas n’a été

rapporté au mois de mars, correspondant au début du premier confinement, dû à l’épidémie de Covid-19. En revanche, l'analyse des cas en fonction des périodes de confinement et de déconfinement en 2020 montre que le nombre maximal de cas a été rapporté à la sortie du premier confinement, soit après le 11 mai, et jusqu’à la veille du second confinement.

Conséquences neurologiques graves

Lorsqu’il était renseigné, soit seulement dans 70% des cas, le type de protoxyde d’azote consommé était pour la moitié des cas du protoxyde d’azote issu de cartouches à usage alimentaire, disponibles en vente libre, et inhalé via des ballons, précise encore le rapport. 

L’inhalation via une bonbonne de très grande capacité (contenant l’équivalent d’une centaine de cartouches), représentait quant à elle 20% des modalités de consommation. Or, quelles que soient ces dernières, un tel usage détourné n’est pas sans risque, ces intoxications s’accompagnant de la survenue de symptômes neurologiques persistants et d’atteintes sévères de la moelle épinière, en particulier chez les consommateurs réguliers, alerte encore les agences.

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Pour rappel, le protoxyde d'azote est un gaz, utilisé en usage médical en antalgie et en anesthésie, soumis à la réglementation du médicament. Il est également utilisé dans l’industrie en tant que comburant et dans des produits de consommation courante en tant que gaz de compression. Dans ce contexte, il est soumis à la réglementation européenne sur les additifs alimentaires et auxiliaires technologiques. Il peut alors être en vente libre en supermarché et disponible sur Internet sous différentes formes (cartouches, capsules ou bonbonnes).


Audrey LE GUELLEC

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