Le 20h

VIDÉO - Alerte sur les dangers du gaz hilarant : "Une personne a fini paralysée"

V. F | Reportage TF1 : Sophie Chevallereau, Vincent Lamhaut
Publié le 27 janvier 2022 à 10h03
JT Perso

Source : TF1 Info

Le gaz hilarant est la nouvelle drogue en vogue chez les ados et les jeunes adultes.
On savait que le fait de l'inhaler était nocif pour la santé.
Désormais, les médecins alertent sur les séquelles irréversibles liées à sa consommation.

Brûlures, mais aussi difficulté à marcher - au point de devoir parfois recourir à un déambulateur -, voire problèmes cardiaques : une forte consommation de protoxyde d'azote ou gaz hilarant, dont l'usage s'est répandu parmi les publics jeunes, peut entraîner des troubles parfois graves. Le jeune homme qui se confie face aux caméras de TF1 dans la vidéo du 20H ci-dessus peut en témoigner. Ce qu'il considérait comme un jeu a bien failli lui coûter très cher. 

Alors lycéen, il en a consommé pendant des mois, presque quotidiennement, jusqu'au jour où il ressent une paralysie partielle et se met à avoir des hallucinations. "Au début, ça nous faisait surtout rire, jusqu'au moment où j'ai vraiment eu une barre qui est venue du haut de mon épaule gauche jusqu'au bas de mon épaule droite, et en fait je me suis dit que là, ça devait vraiment être grave. Je savais que mon corps était là, mais je voyais cette chose de l'extérieur et c'était une situation horrible parce que je n'avais plus vraiment l'impression de maîtriser ce qui se passait", raconte-t-il. Autour de lui, les cas de complications sévères se multiplient. "On a connu une personne qui a fini totalement paralysée", ajoute-t-il.

Ça vient toucher essentiellement la moelle épinière et c'est une zone qui est clé pour l'équilibre et pour la sensibilité.

Docteur Thierry Gendre, neurologue

Ce gaz, inhalé à l'aide d'un ballon, utilisé médicalement comme antidouleur ou anesthésiant, crée une forte dépendance. Consommé régulièrement ou à fortes doses, ses effets sont dévastateurs. "Ça vient toucher essentiellement la moelle épinière et c'est une zone qui est clé pour l'équilibre et pour la sensibilité. C'est pour ça que ces patients se plaignent principalement de troubles de l'équilibre et de troubles de la sensibilité. Ça a aussi un effet toxique pour les nerfs, donc on observe des patients qui ont des difficultés pour bouger les pieds et le relever. Et parfois, ça vient même toucher la myéline au niveau du cerveau avec des patients qui ont des troubles de la mémoire ou des hallucinations", détaille le docteur Thierry Gendre.

Ce neurologue à l'hôpital Henri Mondor à Créteil reçoit en moyenne un patient par semaine intoxiqué au protoxyde d'azote, c'est quatre fois plus que l'an dernier et ils sont très jeunes. "Ça va de 18 à 35 ans pour le plus âgé. Il y a des patients qui vont être handicapés à cause de cela et comme l'usage est en forte augmentation, on risque d'avoir de plus en plus de jeunes qui consultent et qui gardent des séquelles de l'utilisation de ce produit-là", met-il en garde. 

La situation est encore plus alarmante dans le Nord, premier département touché par les intoxications au gaz hilarant. On compte entre 3 et 4 hospitalisations chaque semaine au CHU de Lille. Ce qui a poussé des médecins et des chercheurs à créer une cellule spécialisée il y a quelques jours. "On observe de nouvelles conséquences cliniques qu'on n'avait pas forcément observées avant et on essaie de comprendre pour mieux prévenir et soigner. On a décrit par exemple quelques cas de thromboses chez des patients consommateurs de protoxyde d'azote. Donc aujourd'hui, on pense qu'il y a un lien entre cette consommation et certains caillots qui se forment chez des patients", indique Guillaume Grzych, biologiste médical. 

N'étant pas considéré comme un stupéfiant, le protoxyde d'azote reste facilement accessible dans les supermarchés et sur internet. Seule la vente aux mineurs est interdite depuis mai 2021.


V. F | Reportage TF1 : Sophie Chevallereau, Vincent Lamhaut

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