Greffe du visage : des avancées spectaculaires en dix ans

Julie Bernichan
Publié le 7 septembre 2016 à 17h24
Greffe du visage : des avancées spectaculaires en dix ans

Source : Michel Spingler/AP/SIPA

L'essentiel

TRANSPLANTATION – L’annonce du décès d’Isabelle Dinoire, ce mardi, a suscité beaucoup d’émoi. Et pour cause, c’est la première femme à avoir reçu une greffe du visage. De la greffe partielle à la greffe complète, LCI fait le point sur une opération des plus périlleuses.

Il y a un peu plus de dix ans, Isabelle Dinoire, 38 ans, devenait la première patiente à bénéficier d’une greffe du visage. Une première mondiale. Et l’opération, dirigée à l’époque par le Pr Bernard Devauchelle en collaboration avec le Pr Jean-Michel Dubernard, fut un succès. Deux mois après avoir été défigurée par son chien, la Française a peu à peu retrouvé une sensibilité au niveau du visage et l’usage de la parole. 

Le 22 avril 2005, date de la greffe partielle (nez-lèvres-menton) réalisée sur Isabelle Dinoire, dont le décès a été annoncé ce mardi, marque ainsi l’une des plus grandes avancées de l’histoire de la transplantation. Ont suivi des greffes de plus en plus complètes.

Des résultats fonctionnels et esthétiques supérieurs

CHU Amiens

En tout, 36 transplantations faciales ont été réalisées dans le monde, dont dix se sont déroulées sur le sol français. Le centre hospitalier d’Amiens, où a été traitée Isabelle Dinoire, révèle dans un communiqué que six de ces patients sont décédés depuis.

Selon les mêmes médecins, ces opérations réalisées "ont montré que la transplantation de face donnait des résultats fonctionnels et esthétiques très supérieurs à ceux offerts par la chirurgie conventionnelle réparatrice". Pourquoi ? Une seule opération permet "une reconstruction de la face avec un retour des fonctions majeures telles que la phonation, la déglutition, la mastication, la compétence orale qui permet de garder la salive et de ne pas baver". Grâce aux tissus du donneur, le patient greffé peut ainsi reprendre plus facilement une vie sociale. Car "retrouver son visage, c’est récupérer son identité ".

Les risques des traitements immunosuppresseurs

Mais pour éviter le rejet du greffon, les patients doivent prendre de lourds traitements immunosuppresseurs pendant toute leur vie. Ces derniers inhibent l’activité du système immunitaire. S’ils ont l’avantage d’empêcher l’organisme de rejeter les tissus ou les organes, ils favorisent aussi le développement de certains cancers et lymphomes. De plus, les patients ont plus de risques de développer un diabète, une insuffisance rénale ou une hypertension artérielle. 

Au final, la transplantation faciale, toujours en cours d’évaluation, "ne peut pas être considérée comme une activité de routine", concluent les médecins.

Décès d'Isabelle Dinoire : un an après sa greffe du visageSource : Sujet JT LCI
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