Pourquoi l'épidémie de grippe risque d'être plus importante cet hiver

Publié le 28 septembre 2022 à 13h31, mis à jour le 28 septembre 2022 à 14h37

Source : Sujet TF1 Info

Le Covid-19 ne devrait pas être le seul virus à circuler cet hiver.
La grippe, bien moins présente sur le territoire depuis deux ans, pourrait jouer les trouble-fêtes.
La faible immunité au sein de la population française inquiète.

Les contaminations au Covid-19 repartent à la hausse dans le pays, mais une autre épidémie pointe déjà le bout de son nez : celle de la grippe. À l'approche de l'hiver et de la campagne de vaccination (qui débute le 18 octobre pour les plus de 65 ans et les personnes vulnérables), ce virus saisonnier pourrait bien venir jouer les trouble-fêtes, après deux années d'accalmie provoquées par la pandémie.

"Il y a un risque sérieux d'épidémie de grippe", met en garde ce mercredi le professeur d'immunologie Alain Fischer, dans les colonnes du Parisien. L'ancien président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale Covid-19 auprès du gouvernement estime en effet que la virulence de l'épidémie en Australie "est un élément d'alerte", et qu'un scénario similaire pourrait se produire sur notre continent.

La campagne de vaccination délaissée ?

Et ce n'est pas le seul argument. Depuis deux ans, gestes barrières et isolement ont fait partie du quotidien des Français, mais ont peu à peu été mis de côté, à l'instar du port du masque. Le virus de la grippe bénéficie donc de plus de liberté pour circuler. "Avec le relâchement des gestes barrières, il est évident qu'il y aura une épidémie de grippe", confirme à TF1info le Dr Benjamin Rossi, médecin infectiologue à l'hôpital Robert Ballanger (Aulnay-sous-Bois).

Or, la population est moins préparée. Grâce aux gestes barrières, et même aux confinements l'année antérieure, le nombre de personnes contaminées par la grippe a été inférieur à celui d'une saison normale. Une bonne nouvelle au revers de la médaille : "cela a entraîné une baisse d'immunité", explique le Dr Rossi. "Il est donc possible que la grippe soit plus sévère cette année."

Toutefois, d'autres éléments entrent en compte. "Quelle sera la virulence intrinsèque du virus ? La population fragile va-t-elle se faire vacciner contre la grippe et pas juste contre le Covid ?", demande le médecin infectiologue, qui insiste sur l'importance de la vaccination. "Il faut encourager la population fragile à se faire vacciner contre la grippe", martèle-t-il.

"Chacune des mutations de la grippe entraîne des cas graves", rappelle le Dr Rossi. "Les populations à risque vont se faire vacciner contre le Covid-19, mais pas forcément contre la grippe", craint-il. "La pandémie a provoqué une perte d'habitude de vaccination contre la grippe, mais aussi un effet ras-le-bol sur le vaccin. Ce paramètre peut jouer."


Idèr NABILI

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