L’épidémie de grippe saisonnière

Grippe : pourquoi l’épidémie continue de progresser si tard dans l’année

Léa COUPAU
Publié le 24 mars 2022 à 17h46
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Disparue depuis quasiment deux ans avec les restrictions anti-Covid, la grippe fait son grand retour cet hiver.
Cette semaine, le nombre de cas est encore en forte hausse, note Santé publique France.
Plusieurs raisons permettent d’expliquer pourquoi le virus fait un retour fracassant.

La levée du masque nous l'avait presque fait oublier et, pourtant, la grippe saisonnière s'envole, un phénomène inhabituel à cette période printanière. Traditionnellement, le pic de l'épidémie est atteint vers février. Cette fois-ci, le scénario est différent : le nombre de consultations a plus que doublé depuis la semaine dernière, coïncidant avec un nouveau rebond de l'épidémie de Covid-19. Pourquoi donc ? On fait le point.

Toutes les régions touchées

Cette semaine, l'ensemble des indicateurs de l'épidémie sont en augmentation, indique Santé publique France dans son rapport hebdomadaire paru mercredi 23 mars : + de 51 % de consultations pour syndrome grippal, + 38 % de passages aux urgences et + 24 % d'hospitalisations en raison d'un épisode grippal.

En comparaison, l'année dernière, à la même période, la circulation du virus était "très faible", avec aucun cas en réanimation, selon les données du ministère de la Santé. Ce mois de mars, ils sont 195 en services critiques et toutes les régions, y compris la Corse, encore préservée du virus la semaine passée, sont concernées. Toutes les tranches d'âges également : 27 % des personnes en réanimation sont des enfants de moins de 15 ans, note SPF.

Niveau d’alerte grippale par région en semaine, ce 23 mars - Santé Publique France

Cette intensification de la circulation virale est "très probablement favorisée par la fin des congés scolaires d’hiver" et "l’allègement des mesures de contrôle de la pandémie de Covid-19", tente d'expliquer Santé publique France, dans son rapport.

Contrecoup immunitaire

Depuis quelques semaines, les Français ont effectivement relâché les gestes barrières, avec la levée du port du masque dans les lieux soumis au pass sanitaire, le 28 février. De l'autre, les bises le matin et les diners le soir réapparaissent. Conséquence, les contacts plus rapprochés ont facilité la transmission des virus, indique le ministère de la Santé.

Aux yeux de Vincent Enouf, directeur adjoint du Centre national de référence des virus des infections respiratoires à l'Institut Pasteur, interrogé par l'AFP, il faut y voir une autre raison. L'application rigoureuse des mesures anti-Covid ces deux dernières années ont impacté notre protection contre le virus de la grippe. Notre "immunité collective", moins stimulée, est de ce fait "beaucoup moins bonne" et elle peut avoir favorisé cette reprise retardée, souligne le virologue.

La météo printanière pourra-t-elle toutefois aider les prochaines semaines ? S'il est "possible que les températures plus clémentes mettent des bâtons dans les roues au virus grippal", il est cependant "capable de circuler à des températures plus clémentes", ont précisé des experts de Santé publique France.

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Mais attention, la grippe peut sembler être un moindre mal au vu de l’impact du Covid-19. Or elle n'est pas anodine. Si la plupart des malades en guérissent en une à deux semaines, ce virus, qui s'attaque surtout aux voies respiratoires supérieures, peut entraîner des complications graves et une hospitalisation, voire un décès.

C'est pourquoi Santé Publique France rappelle l'importance de "la vaccination antigrippale", avec l'adoption des gestes barrières, pour "se prémunir contre la grippe et ses complications". D’après les dernières estimations, fin 2021, 51,4 % des personnes à risque étaient vaccinées, avec 55,6 % des 65 ans et plus et 33,2 % des moins de 65 ans à risque de grippe sévère.


Léa COUPAU

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