L'Hericium erinaceus, un champignon qui veut du bien à votre cerveau

par Aurelie DUHAMEL pour TF1 INFO
Publié le 18 janvier 2024 à 20h00

Source : JT 20h WE

Utilisé dans la cuisine médicinale asiatique, le Hericium erinaceus étonne pour sa texture et sa saveur unique, mais aussi pour ses bienfaits sur la santé.
À travers le monde, on prête différentes appellations à cette variété protégée et plutôt rare à l’état sauvage.
D’après les spécialistes, ses molécules actives agissent dans la prévention et l’accompagnement de nombreuses pathologies.

Le Hericium erinaceus est fascinant à plus d’un titre. Présent dans tout l’hémisphère nord, le champignon crinière de Lion ou hyndre hérisson est l’un des plus utilisés dans le monde, en particulier dans les pays asiatiques. Il se développe sur les souches d’arbres morts, de préférence de frênes, noyers, hêtres et érables. Gustativement parlant, cette variété comestible est réputée pour son goût qui ressemble à celui de certains fruits de mer, du homard au crabe ou la Saint-Jacques selon les sensibilités. Son apparence, elle aussi, est unique, avec des filaments blancs de 3 à 5 cm, mous et pendants qui font penser à un plat de nouilles chinoises ou la crinière d’un fauve. 

On l’appelle aussi "tête de singe", ou "Yamabushitake" au Japon, ce qui fait référence aux moines guerriers qui vivaient dans les montagnes. Au-delà du folklore, ce champignon des bois figure sur la liste UICN des espèces menacées de disparition, à cause notamment de la dégradation de son habitat : c’est pourquoi il est fortement déconseillé de le cueillir à l’état sauvage. Si l’hyndre hérisson est utilisé depuis des siècles en médecine traditionnelle chinoise pour ses propriétés digestives, de nombreuses études lui reconnaissent de multiples vertus pour le système nerveux et l’immunité. 

Quels sont les mécanismes d’action du Hericium erinaceus ?

Ce champignon, qui fructifie en général à la fin de l’été et à l’automne, renferme des prébiotiques alimentaires et des molécules actives qui permettent de soulager certains troubles intestinaux. Il intervient notamment dans la restauration des muqueuses gastriques et intestinales en participant à diminuer l’inflammation. Des chercheurs ont également porté au jour sa capacité à inhiber l’Helicobacter pilori, une bactérie qui se développe dans l’estomac et qui est responsable d’ulcères, de gastrites et de cancers de l’estomac, précise la Haute Autorité de Santé. En raison de son potentiel antioxydant élevé et de ses composés bioactifs, le Hericium erinaceus est utilisé pour la gestion des troubles métaboliques, en particulier pour le traitement du diabète, soutiennent d’autres scientifiques dans une étude publiée sur ScienceDirect

Un potentiel prometteur pour la prévention neurovasculaire

Plus surprenant encore :  de nombreux chercheurs s'entendent pour dire que le champignon crinière de lion améliorerait les fonctions cérébrales. En effet, il est associé à une amélioration de l’anxiété et de la cognition. Dans le détail, ses composés bioactifs interviendraient dans le traitement, ou du moins la prévention, d’un large panel de pathologies cérébrales comme la maladie d’Alzheimer, la dépression, la maladie de Parkinson ou encore des lésions de la moelle épinière, bien que des essais cliniques doivent encore en fournir les preuves, lit-on sur l’International Journal of Molecular Sciences MDPI. Son champ d’action ne s’arrête pas là, puisqu’il s’agit d’un champignon adaptogène. Comprendre : sa forte teneur en minéraux et en antioxydants renforce le système immunitaire et aide le corps à résister à différentes formes de stress, qu’elles soient environnementales ou physiologiques. Concernant la posologie, l’Hericium erinaceus peut être pris en comprimé sous forme de cure plusieurs fois par jour, ou en poudre, à diluer de préférence dans un verre d’eau chaude.


Aurelie DUHAMEL pour TF1 INFO

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