SANTÉ - Antidouleurs, traitements contre l’acné sévère, huiles essentielles… L'Agence nationale de sécurité du médicament lance ce mercredi une campagne d'information pour sensibiliser les femmes aux risques liés à la prise de médicaments pendant la grossesse.

"Enceinte, les médicaments, c'est pas n'importe comment !" C'est le slogan de la campagne de sensibilisation lancée ce mercredi 2 juin par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) pour alerter les femmes sur les risques liés à la prise de médicaments pendant la grossesse.

Vidéos sur les réseaux sociaux, 140.000 affiches envoyées aux professionnels de santé, encarts dans la presse magazine, "le but poursuivi est de déclencher dans la société un réflexe équivalent à celui de l'alcool et du tabac pendant la grossesse", déclare l'ANSM. 

En effet, si, selon un sondage de l'institut Viavoice, près de 7 femmes sur 10 se disent tout à fait informées des risques liés à la consommation d’alcool ou de tabac pendant la grossesse, elles ne sont que 3 sur 10 à se dire bien informées sur la prise de médicaments. Plus inquiétant encore, dans la pratique, 36% des femmes enceintes de leur premier enfant ont pris un médicament de leur propre initiative, chiffre qui grimpe à 48% chez les femmes enceintes dont ce n'est pas la première grossesse.

Un phénomène qui s'est aggravé avec le confinement : faute de pouvoir consulter leur médecin, les femmes enceintes se sont tournées vers des proches à qui elles ont demandé conseil pour prendre un médicament ou elles ont simplement pris leurs médicaments habituels : Doliprane, Dafalgan, Spasfon, paracétamol, ibuprofène. 

L'Ibuprofène augmente le risque de fausse couche

Or, l’ANSM explique que "la grossesse est une période particulière pendant laquelle la prise de médicaments doit être en général évitée" car même les plus courants, comme certains antidouleurs ou antinauséeux, peuvent "avoir des répercussions immédiates ou futures sur l’enfant à naître".

Comme par exemple, l'ibuprofène, un anti-inflammatoire très commun. Au-delà du premier trimestre de grossesse, il peut augmenter le risque de fausse couche et à partir du sixième mois, une seule prise d'ibuprofène peut entraîner la mort du fœtus. "Ce risque n'est pas de 100%, fort heureusement : ce n'est pas parce que je vais prendre un médicament qu'il aura un effet" sur l'enfant à naître. Mais une seule prise "peut parfois suffire à générer un effet, y compris des interruptions involontaires de grossesse", précise Céline Mounier, directrice de la surveillance à l'ANSM.

Le risque de malformations (des organes ou des membres) est par ailleurs maximal au premier trimestre de grossesse, notamment avec les médicaments à base de thalidomide (sédatif et anti-nauséeux), d'isotrétinoïne (traitement de l'acné sévère) et de valproate (traitement de l'épilepsie et des troubles bipolaires).

A contrario, une femme sur six qui prenait un médicament sur ordonnance l'a arrêté sans avis médical, principalement parce qu'elle ne voulait pas prendre de risques pour son enfant, alors que tout arrêt ou modification de traitement doit aussi être décidé sur avis médical, notamment pour les maladies chroniques. Ainsi, "un diabète mal équilibré peut avoir des conséquences pour la femme et l'enfant à naître", avertit Céline Mounier.

Ces dangers concernent aussi des produits souvent perçus à tort comme inoffensifs, comme les médicaments à base de plantes et les huiles essentielles, avertit le gendarme du médicament. Selon l'ANSM, deux à trois pourcents des bébés naissent avec une malformation majeure et une étude européenne attribue 5% des cas à une prise de médicaments par la mère. À l'échelle française, cela représenterait 800 à 1.200 naissances par an sur 800.000.


La rédaction de TF1info

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