Journée internationale des cancers de l'enfant : des progrès toujours plus encourageants dans la recherche

par Emma FORTON
Publié le 15 février 2024 à 16h53, mis à jour le 15 février 2024 à 17h34

Source : TF1 Info

15 février, c'est la Journée internationale des cancers de l'enfant.
Des maladies rares qui touchent 2 500 enfants chaque année, en France.
Depuis près de 20 ans, la recherche dans les traitements ne fait que progresser avec plus de 8 enfants sur 10 guéris de ces cancers.

Ce 15 février, c'est la Journée internationale des cancers de l'enfant. L'objectif, "la sensibilisation de l'ensemble des citoyens sur l'existence des cancers chez les enfants et la mobilisation à travers des évènements, des courses et des collectes pour avoir les fonds nécessaires pour pousser la recherche encore plus loin", affirme à TF1 Info, Iris Pauporté, directrice de la Recherche, Innovation et Information scientifique à la Ligue contre le cancer. 

Les cancers pédiatriques sont des maladies rares, regroupant plus de 60 types de cancers différents : le sang (leucémies, lymphomes), tumeurs cérébrales, la thyroïde et les os (sarcomes). Pourtant, il s'agit de la première cause de décès par maladie chez les moins de 20 ans. Chaque année, environ 1 800 enfants de moins de 15 ans sont touchés par ces maladies en France. À ceux-ci s’ajoutent 450 nouveaux cas chez les adolescents de 15 à 17 ans. "Ces maladies restent rares. En tant que parents, il faut essayer de ne pas être sur-angoissés", rassure-t-elle. 

"5 à 10 % des cancers ont été détectés pour des causes génétiques et héréditaires. Pour la majorité des cancers, il est impossible de leur attribuer des facteurs de risque", assure Iris Pauporté. En effet, si quelques facteurs favorisant le développement du cancer ont été clairement identifiés chez l'adulte (alcool, tabac, produits toxiques, virus, etc.), une cause est très rarement identifiée chez l'enfant.

Pas de dépistage : les symptômes comme indices

Conséquence : "il est difficile de prévenir et de dépister tôt les maladies, précise la directrice de la Recherche à la Ligue contre le cancer. Il est possible de prévenir les cancers, avec les mêmes recommandations que les adultes, mais ce n'est pas immédiat et c'est pour les éviter à plus long terme. Surtout, il n'y a pas de politiques de dépistage. On peut seulement détecter les maladies grâce aux symptômes." 

Pâleur, fatigue, fièvre, perte de l'appétit, douleurs osseuses, articulaires ou abdominales, hématomes, maux de tête, déficit visuel, troubles de la marche, chutes, torticolis ou vomissements répétés… Les signes d'appel sont cependant variables et souvent trompeurs, car ils peuvent s'observer au cours de maladies bénignes, fréquentes chez l'enfant.

Depuis 20 ans, la Ligue contre le cancer défend un double objectif : "Réussir à guérir tous les enfants en trouvant des traitements efficaces, parce que certains cancers en ont encore peu aujourd'hui, et faire en sorte que ceux qui sont guéris puissent avoir le moins d’effets à long terme". Effectivement, "grâce à un suivi jusqu'à l'âge de 40 ans, nous avons constaté que les enfants gardent des séquelles et voient leur santé générale détériorée. Même quand ce sont des personnes minces, elles ont des problèmes métaboliques similaires à l'obésité comme le cholestérol et le diabète", explique la directrice de la Recherche.

Cancers pédiatriques : pourquoi tant de cas inexpliqués dans l'Eure ?Source : JT 13h WE

83 % des enfants guéris

Pour atteindre ces objectifs, de nombreux acteurs se sont mobilisés pour dégager d'importants fonds afin de financer des programmes de recherche. Alors qu'elle récoltait 500 000 euros il y a une vingtaine d'années, la Ligue contre le cancer a rassemblé 4,5 millions d'euros en 2023. "Elle est le premier et seul financeur avec un programme spécifique et ciblé depuis 20 ans", se réjouit Iris Pauporté. En partenariat avec les magasins Leclerc, la Ligue organise, du 15 au 29 mars, une campagne de micro-dons en caisse. L'année dernière, ils avaient collecté 1,6 million d'euros en seulement six jours pour financer notamment les leucémies et les sarcomes. Le ministère de la Recherche, avec l'Institut national contre le cancer, ont dégagé, quant à eux, près de 5 millions d'euros en 2019 et 20 millions supplémentaires en 2022. 

Et l'engagement ne s'arrête pas là. "Une multitude d'associations se mobilisent au quotidien sur tout le territoire pour accompagner les enfants et les parents, afin qu'ils ne soient pas isolés. Goûter dans les services, Noël dans les hôpitaux, clowns, sorties à la mer, croisières, colonies de vacances... tout pour égayer leur vie. Cet effort national, cette entraide est touchante", détaille-t-elle. 

Grâce à la mobilisation et aux financements, la recherche dans les traitements n'a fait que progresser au fil des années. Désormais, "les programmes de recherche sont davantage capables d'identifier spécifiquement si la tumeur de l'enfant est plus ou moins agressive. En fonction de cela, d'autres programmes permettent aux jeunes patients d'accéder à des médicaments innovants. Il y a eu une réelle accélération des progrès." Le taux de guérison à cinq ans des cancers pédiatriques est aujourd’hui estimé à 83 %, soit plus de 8 enfants sur 10. "Nous sommes très confiants pour les années à venir, l'espoir est là", assure Iris Pauporté. 

Vous pouvez faire un don sur le site de la Ligue contre le cancer à tout moment de l'année. "Le montant n’a aucune importance, c'est l'action qui compte", conclut-elle. 


Emma FORTON

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