L'ostéopathie et l'acupuncture remboursées ? Le message d'une caisse d'Assurance maladie fait polémique

par I.N avec AFP
Publié le 14 février 2024 à 19h46

Source : JT 20h Semaine

La Caisse d'Assurance maladie de Seine-et-Marne a publié ce mercredi un post sur les réseaux sociaux affirmant que des séances de soins non conventionnels pouvaient être prises en charge.
Un message qui a suscité de vives réactions, l'obligeant à réagir.

Des médecines alternatives remboursées par l'Assurance maladie ? Des soignants se sont indignés ce mercredi après un message publié par une antenne départementale de l'Assurance maladie, qui évoque la possibilité de se faire rembourser des séances de soins non conventionnels. Des "séances d'ostéopathie, de chiropractie, d'ergothérapie, d'hypnothérapie, d'acupuncture, de sophrologie et d'étiopathie" peuvent être remboursées à certains assurés de Seine-et-Marne, a mis en avant la caisse départementale de l'Assurance maladie dans un message sur les réseaux sociaux.

Ces remboursements sont proposés à ceux qui ne bénéficient pas de remboursement de ce type de soins par une mutuelle, dans une limite de quatre séances par an, à hauteur de cinquante euros pour chacune. Leur usage a été décidé par le conseil de la caisse départementale à partir d'un fond dédié aux plus précaires. La responsabilité nationale de l'Assurance maladie n'est donc pas directement en cause.

Les aides "suspendues" pour certaines thérapies

Toutefois, ce message, depuis supprimé, a suscité un grand nombre de réactions indignées de la part de soignants et d'organisations du monde médical. En effet, à l'exception de l'ergothérapie - discipline visant la rééducation de personnes handicapées - et dans une certaine mesure l'hypnothérapie, aucune des thérapies citées n'a prouvé son intérêt médical.

Ce message a été d'autant plus mal accueilli qu'il intervient dans un contexte marqué par des négociations tendues entre l'Assurance maladie et les médecins généralistes sur la revalorisation de leurs tarifs, et par l'examen d'une loi sur les dérives sectaires où est abordée la question des pseudo-médecines. Le Syndicat national des masseurs kinésithérapeutes rééducateurs a ainsi condamné une "politique visant à mettre sur le même pied d'égalité les professions de santé et tout le reste", tandis que le médecin généraliste Thomas Pinto accusait la caisse concernée de "populisme de bas étage en mélangeant bien-être et soins de santé".

L'Assurance maladie a réagi en assurant son attachement à une démarche scientifique, tout en relativisant l'ampleur des sommes mises en jeu par ces remboursements. La Caisse de Seine-et-Marne "a pris en charge, de manière individuelle et exceptionnelle, des pratiques alternatives pour des assurés aux ressources limitées et qui en ont fait la demande", a-t-elle expliqué. Elle a aussi annoncé la "suspension" de ces aides pour les thérapies dont l'efficacité n'est pas reconnue, sans préciser lesquelles étaient concernées.


I.N avec AFP

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