On vous explique la contraception gratuite pour les femmes jusqu'à 25 ans, qui entre en vigueur ce samedi

M.L avec AFP
Publié le 1 janvier 2022 à 9h12
JT Perso

Source : TF1 Info

SEXUALITÉ - À compter de ce 1er janvier 2022, les femmes de moins de 26 ans pourront avoir accès à un panel de moyens de contraception gratuits, un dispositif jusque-là réservé aux mineures. Trois millions de personnes pourraient en bénéficier.

Le gouvernement l'avait annoncée début septembre, la mesure entre désormais en vigueur dès ce samedi 1er janvier : la contraception, déjà accessible gratuitement pour les jeunes filles mineures, l'est dorénavant également pour les femmes jusqu'à 25 ans inclus. À compter de ce samedi, l'Assurance maladie prendra en charge à 100% et en tiers payant l'ensemble des frais nécessaires à la contraception pour les femmes de cette tranche d'âge : une consultation par an avec un médecin ou une sage-femme, les examens biologiques qui en découlent, ainsi que les contraceptifs proprement dit. 

En tout, trois millions de jeunes femmes sont potentiellement concernées par ce dispositif, qui se chiffre à 21 millions d'euros par an. Une mesure promise début septembre par le ministre de la Santé Olivier Véran, qui soulignait alors que la contraception était en "recul" chez les jeunes femmes, et que "le premier motif c'est le renoncement pour raisons financières".  Il est "insupportable" que "des femmes ne puissent pas se protéger (...) parce que ça leur coûte trop cher", avait-il insisté.  

De la consultation à la délivrance des contraceptifs, l'ensemble de la chaîne prise en charge

Dans le détail, les femmes de moins de 26 ans auront accès à "une consultation par an avec un médecin ou une sage-femme, en vue d’une prescription de contraception ou d’examens biologiques en lien avec la contraception", ainsi "qu'une consultation de suivi lors de la première année d’accès à la contraception", précise le ministère de la Santé. 

"Les examens biologiques nécessaires à la contraception une fois par an", "les actes donnant lieu à la pose, au changement ou au retrait d’un contraceptif" et la "délivrance des contraceptifs", remboursables sur présentation d'une ordonnance, sont également inclus dans le dispositif, qui intègre également la contraception d'urgence, ou pilule du lendemain.  

À noter toutefois : tous les contraceptifs ne sont pas pris en charge par la mesure. Seuls certaines pilules contraceptives (de 1ère et 2ème générations), les implants contraceptifs, les stérilets, les diaphragmes et la contraception d'urgence hormonale pourront être remboursés. Jusque-là, ces moyens de contraceptions étaient remboursés pour les majeures, mais uniquement à 65% et sur prescription médicale."Ne sont pas concernés les préservatifs masculins et féminins, les crèmes spermicides, les patchs, les anneaux vaginaux et les pilules de 3e et 4e générations", signale le site du Service Public.

Jusqu'alors, seules les 15-18 ans avaient accès à une contraception gratuite depuis 2013. Le taux de recours à l'IVG (interruption volontaire de grossesse) de cette tranche d'âge a nettement baissé depuis, passant de 9,5 à 6 pour 1000 entre 2012 et 2018. Depuis août 2020, elle avait été étendue aux moins de 15 ans. 

Lors de son annonce, plusieurs organisations de médecins ont salué cette annonce, tout en soulignant que d'autres mesures seraient encore nécessaires pour garantir un large accès à la contraception. Le Planning familial, association féministe qui milite depuis 1960 pour le droit à la contraception et à l'avortement, s'est également félicité de ce dispositif, tout en réclamant une "grande campagne nationale d'information" sur la contraception et une politique plus volontariste d'éducation à la sexualité.

Pour l'heure, le remboursement de la contraception masculine n'est par exemple pas encore sur la table. Seules deux marques de préservatifs masculins, EDEN et Sortez  Couverts!, sont remboursés à hauteur de 60% par l'Assurance Maladie. Mais en adoptant la loi à l'unanimité en octobre dernier, les députés ont prévu un rapport du gouvernement au Parlement sur les moyens à mettre en œuvre pour développer également cette contraception.


M.L avec AFP

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