La hausse des tarifs des complémentaires santé "n'est pas tenable", dénonce le ministre de la Santé

par C.S avec l'AFP
Publié le 3 décembre 2023 à 18h33

Source : JT 20h Semaine

Le ministre de la Santé Aurélien Rousseau a dénoncé ce dimanche la forte hausse attendue en 2024 des tarifs des complémentaires santé.
Une augmentation de 8 à 12% qui "n'est pas tenable", a-t-il affirmé.
Aurélien Rousseau plaide pour une augmentation limitée de "4 à 5%".

Une hausse qui "n'est pas tenable". Le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, a dénoncé ce dimanche, l'augmentation attendue, de l'ordre de 8 à 12%, des tarifs des complémentaires santé.  "Ce n'est pas tenable, je le dis - et je les verrai dans quelques jours - aux mutuelles. Elles ne peuvent pas aujourd'hui faire des patients la variable d'ajustement de leur modèle économique", a-t-il affirmé sur France 3. 

Confrontées à une forte hausse de leurs remboursements aux assurés, les complémentaires santé se sont inquiétées en octobre des augmentations de tarifs qu'elles vont devoir annoncer à leurs clients en incriminant des transferts de charge de la Sécurité sociale à leurs dépens.

"Une augmentation de 4 à 5% serait logique"

La direction du groupe paritaire AG2R La Mondiale a ainsi annoncé aux Échos fin novembre, une hausse de ses cotisations de "8 à 9%" en 2024. Pour l'ensemble du secteur, les augmentations devraient aller de 8 à 12,5%, selon les estimations il y a quelques semaines du spécialiste Addactis.

"Je ne pense qu'il soit acceptable d'avoir des augmentations de + 8%", a affirmé Aurélien Rousseau. "Avec l'inflation, avec une partie des charges qu'on leur a demandé de prendre à charge, une augmentation de 4 à 5% serait logique, 8% ça n'a pas de sens, 10% a fortiori", a-t-il précisé. Le ministre de la Santé plaide pour que l'adaptation des tarifs ne fasse pas "perdre du pouvoir d'achat". Les mutuelles pourraient-elles être sanctionnées ? "Je ne sais pas, on va d'abord avoir la discussion" avec elles, a-t-il déclaré.

Cette hausse s'explique à la fois par la forte croissance actuelle des dépenses de santé des Français, et aussi par les transferts de charge de l'Assurance maladie. L'État vient ainsi de transférer aux complémentaires santé 500 millions d'euros de dépenses dentaires supplémentaires par an, en baissant à 60% le remboursement des dépenses dentaires par l'Assurance maladie, contre 70% auparavant.

Au total, les dépenses des complémentaires santé devraient augmenter de 1,5 milliard d'euros en 2024, sur une enveloppe globale d'une trentaine de milliards d'euros.


C.S avec l'AFP

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