Dès le mois d'octobre, la Sécurité sociale veut baisser les remboursements de soins dentaires.
À charge pour les mutuelles notamment de compenser ce déremboursement, évalué à 500 millions d'euros par an.
Les complémentaires santé dénoncent une décision "incompréhensible".

La Sécurité sociale veut baisser ses remboursements de soins dentaires à partir d'octobre. Une mesure dont le coût est évalué à 500 millions d'euros par an qui serait transféré aux complémentaires santé, a appris l'AFP de sources concordantes jeudi 15 juin. Une décision qui fait grincer des dents les mutuelles, alors que la Direction de la sécurité sociale leur a annoncé qu'à compter du 1er octobre la prise en charge des soins dentaires par l'Assurance maladie passera de 70% à 60%. À charge donc pour les complémentaires, assureurs et institutions de prévoyance de compenser ce déremboursement.

Ce n'est pas à la hauteur des enjeux
Eric Chenut, président de la Mutualité française

Une décision qui ne convient ni sur le fond, ni sur la forme. "Ce n'est pas à la hauteur des enjeux", déclare à l'AFP le président de la Mutualité française, Eric Chenut, critiquant une mesure "unilatérale" et "technocratique", qui "ne va pas permettre d'accompagner la transformation du système de santé, ni de répondre au virage préventif".

Ce choix est d'autant plus "incompréhensible" que le gouvernement a instauré en début d'année un "comité de dialogue" pour préparer un transfert initialement chiffré à 300 millions, rappelle-t-il. Eric Chenut a d'ailleurs sollicité un rendez-vous avec François Braun, en espérant que le ministre de la Santé "demandera à son administration de mettre en œuvre les orientations qu'il a fixées".

Une décision validée par le gouvernement

Mais l'arbitrage a bien été validé par le gouvernement : le ministère a confirmé dans un communiqué la prochaine "prise en charge plus large des soins bucco-dentaires par les complémentaires", à hauteur d'un demi-milliard d'euros. Celles-ci préviennent qu'elles le répercuteront sur leurs tarifs l'an prochain. "Cette décision aura mécaniquement des conséquences sur les cotisations", indique Marie-Laure Dreyfuss, déléguée générale du Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP). Tout en déplorant elle aussi une "mesure comptable" et "sans aucune valeur ajoutée sur le niveau de soins et de remboursement global des assurés".

La facture pourrait encore gonfler, au gré des négociations en cours entre l'Assurance maladie et plusieurs professions, notamment les dentistes qui pourraient signer une nouvelle convention d'ici fin juillet.


F.R avec AFP

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