La solitude, une histoire des gènes ?

Johanna Amselem
Publié le 26 septembre 2016 à 16h55
La solitude, une histoire des gènes ?

Source : GILE MICHEL/SIPA

ETUDE - Tous les monde ne réagit pas de la même manière face aux relations sociales. Selon une étude américaine, certains seraient plus enclins à la solitude pour des raisons génétiques. Explications.

Chez certaines personnes, la solitude serait inscrite dans les gènes. Le concept apparaît surprenant, pourtant il semblerait que ce soit une réalité. Une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Californie, San Diego (Etats-Unis) prouve que certaines personnes sont plus en proie à la solitude que d’autres. La faute à qui ? Aux gènes. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont mené une large enquête portant sur 10.760 personnes âgées de 50 ans et plus. 

Afin de mesurer la solitude, les participants ont répondu à diverses questions. Parmi elles : combien de fois vous sentez vous senti de côté ? Isolé des autres ? En manque de compagnie ? Sans citer le mot solitude, un terme que les personnes concernées ont des difficultés à accepter. Si notre environnement est une donnée indispensable, elle ne serait pas la seule. Comme le relaye le Daily Mail, 27% des personnes souffrant de solitude aurait la même prédisposition génétique. Les  conclusions de cette étude ont été publiées dans Neuropsychopharmacology.

Un système d'alerte

En effet, certaines personnes seraient plus sensibles aux relations sociales. Quand elles se sentent mises à l’écart ou négligées, elles seraient plus à risques de s’isoler et de souffrir de dépression. Ce sont donc des gènes qui déclencheraient ce phénomène et qui définirait la manière dont chacun se comporte face à la solitude. Cité par le Daily Mail, le Dr Abraham Palmer, auteur principal de l’étude et professeur de psychiatrie, souligne que la solitude déclenche un système d’alerte. « Nous voulons savoir pourquoi, génétiquement parlant, une personne est plus susceptible qu’une autre de se sentir seule dans une situation identique », souligne le Dr Palmer. 

Plus précisément, le cerveau réagit à la solitude de la même manière qu’il réagit à la douleur. Face à une douleur, le corps réagit et prend soin de lui. Sur le même modèle, face à la solitude, l’organisme déclencherait donc un système d’alerte pour mettre en garde contre d’éventuelles menaces.  

Fait inquiétant, la solitude affecte la santé. Le risque génétique pour la solitude est également associé à la névrose et aux symptômes dépressifs. La solitude est même responsable d’obésité, déclenche du stress et nuit au système immunitaire. Une récente étude américaine affirmait même que la solitude augmentait le risque de crise cardiaque et de maladies cardiovasculaires.

VIDEO - La solitude peut-elle tuer ?

Cette vidéo n'est plus disponible

Johanna Amselem

Tout
TF1 Info