Pendant la saison estivale, la France a été touchée par trois vagues de très fortes chaleurs.
Pour la première fois, l'Insee dévoile une première estimation des conséquences de la canicule sur la mortalité.
Un nouveau bilan, publié dans les prochaines semaine, permettra d'avoir un panorama plus complet.

L'Insee dévoile une première estimation des conséquences de la canicule de juillet. Selon l'Institut, le nombre de morts constatés en France a bondi de 13% en juillet 2022, par rapport à juillet 2019. Un indicateur qui prend en compte toutes les causes de décès. "Le niveau élevé des décès (...) s'explique vraisemblablement par la vague de chaleur", confirment les experts de l'Insee.

"La chronique des décès toutes causes confondues laisse entrevoir un premier pic de décès, toutes causes confondues, autour du 19 juin", notent-ils. Cette augmentation brutale de la mortalité s'expliquerait, alors, par la première vague de chaleur de la saison estivale, qui a fait suffoquer la France entre les 15 et 22 juin. Au plus fort de cet épisode, 14 départements du sud-ouest avaient été placés en vigilance rouge, par Météo-France. Au total, sur tout le mois de juin, le nombre de décès est supérieur de 4% à celui constaté trois ans plus tôt. Une année de référence, puisqu'elle permet de retirer de l'équation la pandémie de coronavirus.

Quelques semaines plus tard, 15 départements avaient été placés en vigilance rouge lors d'un second épisode caniculaire, qui s'est étendu entre le 12 et le 25 juillet. "Les décès toutes causes confondues atteignent un pic très net le 19 juillet, après un pic moins marqué le 13 juillet", note l'Insee dans sa publication. Sur l'ensemble du mois, la hausse est de 13% par rapport à juillet 2019.

En 2019 déjà, la (longue) canicule avait fait augmenter le nombre de décès

Si ces premiers chiffres permettent d'avoir une idée de l'impact sanitaire, ils sont encore très provisoires, préviennent les spécialistes de la statistique. Et pour cause, une troisième vague de chaleur a touché la France entre la fin juillet et le milieu du mois d'août. Sans avoir d'indicateurs définitifs, l'Insee rappelle que "l’été 2019 avait été marqué par deux épisodes de canicule très intenses fin juin-début juillet et fin juillet et des décès toutes causes confondues des personnes âgées de 75 ans supérieurs d’environ 1 300 à ceux observés en moyenne au cours des mêmes périodes durant les étés 2017 et 2018".

En tout état de cause, les tendances évoquées par l'Insee coïncident avec celles de Santé Publique France. Dans un point épidémiologique publié le 16 août dernier, l'agence de santé publique expliquait "que le système de surveillance non spécifique des urgences et des décès [avait observé] un excès de mortalité toutes causes de l’ordre de +20%". Un bilan de la mortalité plus complet doit être publié dans les prochaines semaines, annonce l'Insee.


Benoit Leroy

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