La France fait-elle les bons choix face au virus ?

La suspension d'AstraZeneca va-t-elle inciter Macron à confiner l'Île-de-France ?

Idèr Nabili avec le service politique TF1-LCI
Publié le 15 mars 2021 à 21h43, mis à jour le 16 mars 2021 à 0h37
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

CRISE SANITAIRE - La suspension temporaire du vaccin AstraZeneca dans le pays aura-t-elle de grandes conséquences sur l'Île-de-France ? Cette décision pourrait en effet accélérer le choix d'un confinement de la région parisienne, toujours sur la table de l'exécutif.

Et si l'Île-de-France était prochainement reconfinée… à cause de la suspension temporaire du vaccin AstraZeneca ? Alors que l'hypothèse d'un nouveau confinement plane sur l'Île-de-France depuis plusieurs jours, l'arrêt d'une partie de la vaccination au moins jusqu'à jeudi pourrait accélérer la mise sous cloche de la région parisienne. D'abord, car les indicateurs y sont toujours dans le rouge. Ce lundi, le taux d'incidence en Île-de-France est monté à 404 cas pour 100.000 habitants, au-dessus du seuil fixé par l'exécutif pour envisager un confinement (400). Et au sein des hôpitaux, le nombre de personnes en réanimation dans la région a désormais dépassé le pic de la deuxième vague.

Depuis plusieurs semaines, pour contrer la progression de l'épidémie dans certains territoires, le gouvernement mettait en avant une intensification de la vaccination dans les départements les plus touchés. Une stratégie rendue désormais compliquée suite à la décision d'Emmanuel Macron de suspendre le vaccin AstraZeneca jusqu'à l'avis du régulateur européen, et qui pourrait pousser l'exécutif à prendre de nouvelles mesures. Toutefois, cette suspension ne devrait pas avoir de conséquence à court terme sur l'épidémie. "En trois jours de suspension, il n'y aura pas un boom de 300 personnes en réanimation", indiquent à LCI des sources gouvernementales, qui assurent qu'il n'y a "pas de corrélation" entre d'éventuelles nouvelles décisions et AstraZeneca.

10 millions de vaccinés en moins au premier semestre ?

À plus long terme en revanche, l'absence du vaccin suédo-britannique pourrait lourdement handicaper la campagne vaccinale. Selon un conseiller gouvernemental à LCI, un avis négatif de l'agence européenne du médicament dans la semaine pourrait "influencer la décision de reconfiner ou non l'Île-de-France".

Car jusqu'à son arrêt ce lundi après-midi, ce vaccin avait trouvé une place de choix dans la stratégie française de vaccination. Depuis le début de la campagne, 1,3 million de personnes ont déjà reçu une dose du sérum AstraZeneca dans le pays, soit environ une injection sur quatre. Ces derniers jours, 50 à 60% des premières injections étaient d'ailleurs réalisées avec ce vaccin, et 600.000 doses restent actuellement en stock, malgré les retards réguliers dans les livraisons.

En outre, 24% des doses attendues par la France au premier semestre concernent ce vaccin. Si la suspension devait être définitive, 28 millions de Français pourraient donc être vaccinés au 30 juin, contre 38 millions comme prévu initialement. À court terme aussi, la mise en pause d'une partie de la vaccination pourrait empêcher quelque deux millions de personnes d'être partiellement protégées. "Si la vaccination AstraZeneca est stoppée en France, on perdrait un potentiel de plus de 2 millions de vaccinés uniquement pour les deux prochaines semaines", indique sur Twitter Guillaume Rozier, fondateur de CovidTracker.

Et comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, le vaccin à dose unique développé par Johnson & Johnson, tout juste validé par l'agence européenne du médicament, ne pourra pas compenser à lui seul un éventuel arrêt d'AstraZeneca : les premières livraisons ne devraient pas arriver avant mi-avril, au mieux.


Idèr Nabili avec le service politique TF1-LCI

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