La Haute Autorité de Santé a mis à jour, ce lundi, ses recommandations d'obligation vaccinale pour les soignants.
Elle préconise au gouvernement d'imposer au personnel médical la vaccination contre la rougeole.
En revanche, celle contre la grippe demeure uniquement "recommandée".

La Haute Autorité de Santé (HAS) a tranché. Saisie par la Direction générale de la Santé, elle a recommandé, lundi 31 juillet, d'obliger les soignants à se vacciner contre la rougeole. L'instance n'est pas décisionnaire en la matière, mais ses avis sont généralement suivis par le gouvernement, comme au printemps dernier, lorsque la HAS avait préconisé de lever l'obligation vaccinale des soignants contre le Covid-19.

Les soignants impliqués dans la majorité des cas de rougeole

Ce lundi, elle recommande "de mettre en œuvre, pour les professionnels, une obligation d'immunisation contre la rougeole, et de maintenir les recommandations de vaccination contre la coqueluche, la grippe, l'hépatite A et la varicelle", selon un communiqué. Elle prend ainsi acte de l'efficacité des vaccins existants contre la rougeole et du risque représenté par la maladie en milieu hospitalier, notamment chez les bébés.

"Des études de Santé publique France indiquent que les professionnels de santé sont impliqués dans 75 à 83% des cas de rougeole en établissement de santé en France", justifie la HAS. "Cette contagiosité, combinée à l'existence d'un vaccin proposant une protection efficace (supérieure à 95%) et durable, conduisent la HAS à préconiser une obligation d'immunisation contre la rougeole."

Ce nouvel avis, qui concernait les vaccins qui ne sont à l'heure actuelle que recommandés et non imposés au personnel médical, vient conclure un travail de longue haleine de la HAS pour réévaluer les obligations et les recommandations faites aux soignants en matière de vaccination. En revanche, tout en continuant à recommander aux soignants de se vacciner contre la grippe, l'autorité juge qu'une obligation serait injustifiée dans l'état actuel des connaissances.

La HAS, qui regrette la faible proportion des soignants qui se font vacciner contre la grippe (22 à 25,9% en 2021-2022), pointe l'efficacité irrégulière des vaccins anti-grippaux d'une année à l'autre. Elle reconnaît aussi un manque de données sur le risque réel représenté par la circulation de la grippe dans les établissements de santé. Quant aux autres vaccinations évoquées, l'autorité tient une position semblable : elle maintient sa recommandation sans passer à l'obligation.


I.N

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