Variole du singe : la crainte d'une nouvelle épidémie

La variole du singe, nouveau Covid-19 ? Pourquoi ces épidémies n'ont rien à voir

Idèr Nabili
Publié le 24 mai 2022 à 16h34
JT Perso

Source : JT 20h WE

Après le Covid-19, le monde va-t-il connaître une pandémie de variole du singe ?
Pas si sûr, tant les deux virus semblent distincts.
Explications.

Un virus qui apparaît, inquiète la population, puis se propage aux quatre coins du monde... Depuis quelques jours, la variole du singe prend des airs de Covid-19. Pourtant, une éventuelle épidémie de "Monkeypox" ne devrait en rien être équivalente à la pandémie de coronavirus subie par le monde depuis plus de deux.

Les deux virus ont des similitudes évidentes. Comme le Covid-19, la variole du singe s'est propagée sur toute la planète - des États-Unis à l'Australie en passant par la plupart des pays d'Europe - en quelques jours. Comme le Covid-19, elle provoque des symptômes handicapants, comme de la fièvre et des maux de tête. Comme pour le Covid-19, une stratégie de vaccination est envisagée pour endiguer la diffusion.

De la transmission au génome, deux virus opposés

Outre ces points communs, tout diffère. À commencer par le mode de contamination. "La transmission entre les humains est beaucoup moins facile qu'avec le Covid, puisque cela demande un contact plus prolongé", rassure auprès de TF1info le Pr Daniel Dunia, directeur de recherche en virologie au CNRS à l'Institut Infinity.

"Ensuite, il n'y a pas vraiment de moment au cours desquelles les personnes sont contagieuses sans avoir de symptômes, contrairement au Covid-19", poursuit-il. Or, le virus qui a immobilisé le monde pendant deux ans se diffuse essentiellement avant que le personne soit testée positive. "Avec du contact tracing, il est possible de bloquer rapidement la diffusion de la variole du singe", assure le Pr Dunia.

Intrinsèquement aussi, ces deux virus sont bien distincts. "Le 'Monkeypox' est un virus à ADN", explique le spécialiste en virologie. "Même si ce type de virus présente des capacités évolutives, elles sont infiniment moindres que les virus à ARN, comme le Covid. Le risque d'émergence de nouveaux virus recombinants avec un potentiel pandémique est donc beaucoup moins élevé."

Une diffusion rapide qui interroge

Enfin, "il existe de bons antiviraux" pour empêcher la propagation du virus, insiste Daniel Dunia. Au moment de l'explosion des cas de Covid-19, début 2020, le monde n'avait ni masque, ni traitement, ni vaccin, et avait dû se résoudre à se replier sur soi-même en se confinant. "Les approches antivirales fonctionnent très bien, les antiviraux vont permettre de contrôler la circulation du virus", assure-t-il.

De bonnes nouvelles, même si, à l'instar du coronavirus, la variole du singe cache encore plusieurs mystères. Sa diffusion rapide dans de nombreux pays dans lesquels elle ne circule pas de manière endémique comme en Afrique de l'Ouest interroge. "Nous ne comprenons pas encore pourquoi ce virus, initialement transmis à l'homme par les rongeurs, émerge un peu partout", admet le Pr Dunia. "Le traçage des premiers cas est en cours, il nous permettra d'en savoir plus. Mais, dans l'état actuel des connaissances, le nombre de cas reste extrêmement faible et beaucoup plus facile à contrôler que dans le cadre du Covid-19."


Idèr Nabili

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