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Langya henipavirus : que sait-on de ce virus repéré en Chine ?

Felicia Sideris
Publié le 11 août 2022 à 13h10, mis à jour le 11 août 2022 à 15h44
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

L'annonce de la découverte en Chine d'un virus baptisé Langya henipavirus alarme les internautes.
Ils s'inquiètent de certaines similitudes avec le Covid-19, notamment son origine animale.
Néanmoins, aucun élément ne montre pour le moment que ce virus est une menace.

"Un virus inconnu affecte des dizaines de personnes à Wuhan." Il y a plus de deux ans et demi, Pékin alertait sur un nouveau virus transmis par les animaux. C'était le début de l'épidémie de Covid-19, qui a bouleversé la planète pendant de longs mois. Alors, quand l'annonce d'un nouveau virus découvert en Chine fait les gros titres des journaux, les internautes s'alarment. Mais le virus Langya henipavirus est-il réellement si inquiétant ? 

35 cas en quatre ans

L'alerte est venue de Taïwan. Citées dans la presse locale, les autorités sanitaires de l'île ont annoncé, ce dimanche 7 août, vouloir "surveiller" la propagation du nouveau Langya henipavirus  (LayV) afin "d'effectuer le séquençage du génome" et "renforcer la surveillance", notamment auprès des agriculteurs du pays. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu'il faut s'alarmer.

 

En fait, tout part d'une correspondance publiée quelques jours plus tôt dans le New England Journal of Medicine (NEJM). Le 4 août, une équipe de chercheurs venus de Chine, de Singapour et d'Australie informe, dans une lettre à l'éditeur, de la découverte de ce virus, principalement détecté chez les musaraignes. Sauf qu'on est très loin d'une épidémie en cours. 

De fait, si les chercheurs ont enregistré des dizaines de cas à ce jour, la première infection humaine remonte à 2018. Par la suite, les quelque 35 cas détectés dans deux provinces chinoises du Nord-Est - Shandong et le Henan - s'étalent entre avril 2018 et août 2021. C'est-à-dire que le virus "ne se propage pas rapidement chez l'homme", comme l'a souligné sur Twitter le professeur Francois Balloux, directeur de l'Institut de génétique à l’University College de Londres.

Ceci s'explique par l'absence de contagion entre humains. Dans leur correspondance, les chercheurs soulignent en effet que l'enquête épidémiologique menée auprès de neuf patients infectés ne montrait "pas de contact étroit ou d'antécédents d'exposition communs". "Ce qui suggère que l'infection dans la population humaine peut être sporadique". Comprendre par là que ce sont les animaux qui seraient à l'origine de toutes les contaminations humaines, dont la totalité ont eu lieu chez des agriculteurs. Plus précisément, les scientifiques supposent que la musaraigne, un petit mammifère au museau pointu, pourrait être à l'origine de la transmission.

Pas de réelle ressemblance avec le Covid-19

Enfin, contrairement à ce que craignent certains, le virus ne semble pas létal. S'il est bien issu de la famille des henipavirus, "connus pour infecter les humains et provoquer des maladies mortelles", il n'y aurait aucun décès de LayV à ce jour. D'après les données des chercheurs, sur 35 patients infectés, les symptômes étaient de la fièvre, de la fatigue, de la toux, des nausées et des douleurs musculaires. Un tiers a également ressenti des maux de tête. Les chercheurs n'ont pas spécifié dans leur correspondance quel était le taux de létalité, mais le professeur Wang Linfa, l'un des co-auteurs de l'article, a déclaré au Global Times (média du parti communiste chinois), que les cas étudiés n'étaient jusqu'à présent "pas mortels ou très graves" et qu'il n'y avait "pas besoin de paniquer". 

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À ce stade, il n'y a donc pas de raison de s'alarmer. Si cette annonce fait craindre une nouvelle épidémie, le LayV "ne ressemble pas du tout à un nouveau Covid-19", comme l'a souligné le professeur Francois Balloux.  Mais il est un rappel important "de la menace imminente causée par les nombreux agents pathogènes circulant dans les populations d'animaux sauvages et domestiques qui ont le potentiel d'infecter les humains". 

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