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Le masque inutile car le virus du Covid passe entre les fibres du tissu ? Gare à cet argument trompeur

Publié le 9 décembre 2022 à 16h00
JT Perso

Source : TF1 Info

L'ancienne députée Martine Wonner, pourtant médecin de formation, continue de nier l'efficacité des masques.
Le virus du Covid-19 serait bien plus petit que les fibres du tissu, avance-t-elle, rendant le masque inefficace.
Une analyse trompeuse puisque le virus est véhiculé par des gouttelettes, qui sont d'une taille bien supérieure.

Élue députée en 2017, Martine Wonner a été exclue du groupe parlementaire LaREM trois ans plus tard. Elle a par la suite rejoint le groupe Libertés et territoires, dont elle a également fini par être exclue. Un parcours politique mouvementé qui a été ponctué au printemps par une défaite aux législatives pour cette médecin psychiatre de formation, devenue au cours de la crise sanitaire une figure très populaire au sein de la sphère covido-sceptique française.

Toujours active sur les réseaux sociaux, elle réaffirme aujourd'hui que le masque est inefficace pour lutter contre le Covid-19. Un discours qu'elle tient avec constance depuis plus de deux ans maintenant, et qu'elle prétend prouver par la science. "À force de répéter, répéter, répéter, la science prendra peut-être le pas sur la politique", a-t-elle lancé ces derniers jours, en relayant à ses 165.000 abonnés l'image qui suit.

Cette illustration est censée prouver l'inefficacité du masque.
Cette illustration est censée prouver l'inefficacité du masque. - Capture écran Twitter

La transmission se fait via des gouttelettes, plus grosses

Depuis le début de la crise sanitaire, d'innombrables publications ont tenté de prouver que le masque ne protégeait en rien de la contamination. Si la vapeur d'eau formée en hiver par l'air exhumé à travers un masque a été présentée à tort comme un élément incontestable, c'est ici au tour des fibres des FFP2 et autres masques chirurgicaux d'être décriées. Les particules du virus seraient en effet bien plus petites, et pourraient se faufiler aisément entre les mailles du tissu. Porter un masque pour se protéger du virus reviendrait ainsi à tenter d'attraper un grain de sable avec le filet d'une épuisette.

Des internautes n'ont pas manqué de souligner les limites de ce raisonnement. Épinglée à de multiples reprises pour avoir diffusé de fausses informations autour de l'épidémie, Martine Wonner omet un élément central dans son raisonnement soi-disant scientifique : le fait, comme certains le lui rappellent, que les particules virales ne se "déplacent pas seules, mais sur des gouttelettes plus grosses que les mailles du masque".

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"Le virus peut se propager lorsque de petites particules liquides sont expulsées par la bouche ou par le nez quand une personne infectée tousse, éternue, parle, chante ou respire profondément", souligne l'OMS sur son site. "Ces particules sont de différentes tailles, allant de grosses 'gouttelettes respiratoires' à des 'aérosols' plus petits." Quelle qu'elles soient, il s'agit de particules d'une taille bien supérieures à celles du virus, et qui se révèlent, dans leur immense majorité, trop massives pour franchir la barrière constituée par le masque. 

Médecin hygiéniste et ancien président de la Société française d'hygiène hospitalière (SF2H), Bruno Grandbastien soulignait l'an passé à TF1info que les postillons qui ne franchissent pas les mailles sont également bloqués grâce au "caractère électrostatique des masques, qui va attirer les particules". L'efficacité du masque, unanimement reconnue par les spécialistes pour réduire la transmission et la contamination liées aux virus respiratoires, a conduit à sa généralisation de longue date dans des services hospitaliers ou dans les blocs opératoires. Au début de l'épidémie, certains médias ont par ailleurs rappelé que l'usage des masques remonte à plus de 100 ans, et que la survenue du Covid-19 n'a rien révolutionné. Il s'agit d'un geste barrière important, rappelait Bruno Grandbastien. "Dès que l'on instaure une barrière, on réduit de manière très importante les particules que l'on va émettre", dixit le spécialiste.

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Thomas DESZPOT

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