Le réchauffement climatique nuit à notre sommeil

Crézia Ndongo
Publié le 22 mai 2022 à 16h39
JT Perso

Source : La matinale Week-end

Une étude révèle que les températures élevées réduisent le sommeil.
Les femmes et les personnes âgées sont les plus touchés.
La nuit, le corps a davantage besoin de se rafraîchir.

"Nous fournissons la première preuve à l'échelle planétaire que des températures plus chaudes que la moyenne érodent le sommeil humain", a déclaré, dans le Guardian, Kelton Minor, le directeur de l'étude et professeur à l'Université de Copenhague. Publiée dans la revue One Earth, sa recherche met en évidence le besoin pour le corps, d'être moins exposé aux températures chaudes, la nuit, afin de garantir le bon sommeil.

Les chercheurs ont utilisé les données des bracelets de suivi du sommeil utilisés par 47.000 personnes pendant 7 millions de nuits et dans 68 pays.

Selon les analystes, les troubles du sommeil résultent, en partie, des effets que provoque la chaleur sur la santé. Les données de l'étude, menée de 2015 à 2017, mettent en évidence que les individus n'ont pas la capacité à s'adapter à des nuits chaudes. Un phénomène d'autant plus inquiétant que l'altération des températures est une conséquence directe du réchauffement climatique. 

L'analyse a révélé que le citoyen moyen perd déjà 44 heures de sommeil par an, ce qui induit onze nuits avec moins de sept heures de sommeil. Un standard de sommeil insuffisant, selon les chercheurs. Kelton Minor affirme que "le sommeil est une partie très familière de notre routine quotidienne". Car en moyenne, un individu passe "près d'un tiers de [sa] vie à dormir".

Or, la perte de sommeil, telle que constatée dans les résultats de l'étude, augmentera au fur et à mesure que la planète continuera à se réchauffer. Et elle affecte certains groupes beaucoup plus que d'autres. 

Les femmes et personnes âgées, davantage impactés

La perte de sommeil par degré de réchauffement est environ un quart plus élevée pour les femmes que pour les hommes. Pour les plus de 65 ans, elle est deux fois plus élevée, et même jusqu'à trois fois plus élevée pour les seniors vivant dans les pays les moins développés, étant donné qu'elle n'y ont pas accès à des systèmes de refroidissement (volets, ventilateurs, climatisation).

Impact visible dès 10°C la nuit

Toutefois, en raison du réchauffement climatique, l'impact des nuits plus chaudes sur le sommeil est observé dans tous les pays. Qu'ils connaissent ou non des climats plus chauds, ou plus tempérés. Les chercheurs révèlent que dès lors que la température nocturne dépasse 10°C, l'impact est visible. 

Dans une ville d'un million d'habitants dont les températures nocturnes dépassent les 25°C, en moyenne, 46 000 personnes connaissent un sommeil plus court. A l'instar de l'Inde et du Pakistan, qui, selon Kelton Minor, verraient des "milliards d'individus exposés à une perte de sommeil". 


Crézia Ndongo

Tout
TF1 Info