Variole du singe : la crainte d'une nouvelle épidémie

"Les chiffres sont très probablement sous-estimés" : l'infectiologue Karine Lacombe appelle à dépister plus largement la variole du singe

Benoit Leroy
Publié le 5 juin 2022 à 10h49
JT Perso

Source : JT 20h WE

La cheffe du service d'infectiologie de l'hôpital Saint-Antoine à Paris appellent à faire davantage de tests.
Selon elle, le nombre de centres de diagnostics est beaucoup trop faible.
Elle s'inquiète également de la faible disponibilité des traitements.

Elle est connue pour ne pas avoir fait partie des scientifiques les plus alarmistes lors de la crise sanitaire du coronavirus. Ce dimanche 5 juin, la professeure d'infectiologie Karine Lacombe avoue être "inquiète" quant à l'évolution de la variole du singe. La spécialiste est l'une des premières à exprimer publiquement une inquiétude sur cette maladie. Selon le dernier bilan de Santé Publique France, qui date du 3 juin, 51 infections ont été recensées en France, dont la majorité en Ile-de-France.

Dans un entretien accordé au Parisien, l'infectiologue estime que "les chiffres actuels sont très probablement sous-estimés". Et ce, à cause d'un déficit de structure médicale pouvant diagnostiquer une telle infection. Par ailleurs, "l’épidémie parallèle de varicelle peut aussi créer des confusions et des sous-diagnostics". "Nous, infectiologues, militons pour 'ouvrir ' ces tests à plus de laboratoires pour ne pas passer à côté de cas", martèle la spécialiste.

Un traitement en quantité limitée et un vaccin encore réservé

Sans être alarmiste non plus, Karine Lacombe rappelle que les possibilités de traitements sont assez faibles contre cette variole du singe. Et pour cause, la production du vaccin contre la variole n'est plus à l'ordre du jour depuis 1980 et son éradication de la surface terrestre. Face à cette résurgence, les autorités sanitaires françaises ont assuré avoir suffisamment de traitement pour contenir la flambée épidémique. Sur RTL, le 25 mai dernier, la ministre de la Santé Brigitte Bourguignon assurait que "pour l'instant, la situation (était) sous contrôle".

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Or, pour les personnes infectées, aucun traitement n'est à ce jour disponible massivement. Bien qu'un antiviral soit "en phase terminale", rassure Karine Lacombe dans les colonnes du Parisien, "il n'est disponible qu'en quantité limitée", déplore-t-elle. 

La spécialiste met, d'ores et déjà, sur la table l'éventualité d'une vaccination plus importante. "Cette vaccination dite en anneau suffira-t-elle à juguler l’épidémie ? Faudra-t-il aller plus loin en vaccinant aussi les contacts des contacts ? La question va se poser", avance-t-elle.


Benoit Leroy

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