Les cigarettes électroniques bientôt en vente dans les pharmacies britanniques ?

Frédéric Senneville
Publié le 29 octobre 2021 à 18h16
Les cigarettes électroniques bientôt en vente dans les pharmacies britanniques ?

SANTÉ- La cigarette électronique devrait prochainement être prescrite par les médecins britanniques, au même titre que les autres moyens de sevrage tabagique. Une première mondiale pour cet appareil qui s'est imposé dans les usages en moins de vingt ans.

Outre-Manche, l'agence de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA), vient de modifier ses préconisations s'agissant de la cigarette électronique : les "vapoteuses" pourraient désormais être prescrites dans le cadre d'un sevrage tabagique, sous réserve de satisfaire à des conditions d'homologation. 

Il ne manque que la validation de l'agence de Santé publique (NHS), pour que les cigarettes électroniques puissent être mises en vente en tant que médicaments. La cigarette électronique pourrait donc faire son apparition sur les rayonnages des pharmacies, qui n'en auraient toutefois pas l'exclusivité.

Si les autorités sanitaires britanniques valident cette préconisation de l'agence du médicament, le Royaume-Uni sera le premier pays dans le monde à vendre la cigarette électronique et les produits de vapotage sur prescription médicale. Ce sera alors aux praticiens de décider si cette option est pertinente, au cas par cas, selon le patient venu consulter pour un sevrage tabagique- la cigarette "traditionnelle" étant à l'origine du décès de 78.000 personnes chaque année au Royaume-Uni.

Ces cigarettes sans tabac ni combustion se répandent dans le monde, depuis l'invention d'un procédé par un ingénieur chinois en 2005. Après quelques tâtonnements technologiques, c'est depuis 2009 qu'est commercialisée sa version actuelle, qui repose sur une vaporisation par résistance chauffante. Utilisée spontanément par les fumeurs de cigarettes pour tenter de sortir de leur accoutumance, la cigarette électronique s'est imposée d'elle-même dans les pratiques, sans passer par le circuit économique des tabacs, ni par l'industrie pharmaceutique. Une irruption sauvage qui a longtemps suscité la méfiance des professionnels de santé, avant qu'un certain nombre d'entre eux ne commencent à constater une certaine efficacité dans le sevrage, et une moindre dangerosité par rapport à la cigarette.

C'est un groupe d'experts de santé qui a mené une enquête indépendante, et a rendu ses conclusions à l'agence du médicament britannique, sur lesquelles elle s'appuie pour modifier ses préconisations. Le processus de l'homologation sera strict, et conditionné à une réglementation de la production des appareils et des produits inhalés. L'agence réitère par ailleurs sa recommandation contre la vente de la cigarette électronique aux mineurs, pour lesquels des études ont constaté un cheminement inverse au sevrage : des adolescents viendraient au tabac après un passage par la "vapoteuse", de plus en plus répandue dans leurs rangs. Le vapotage induit une accoutumance à la nicotine, inoffensif en soi, mais qui pourrait conduire à des comportements addictifs plus dangereux.

L'agence sanitaire américaine vient quant à elle d'autoriser pour la première fois la vente de certaines cigarettes électroniques,  mais en bannissant tous les parfums autres que celui du tabac, tenus pour responsables de l'attractivité exercée sur les mineurs. En France, l'APHP poursuit depuis 2018 une étude à long terme très attendue, pour mesurer l'efficacité de la cigarette électronique comme outil de sevrage du tabac, et qui pourrait éventuellement conduire à une décision comparable à celle que vient de prendre l'agence du médicament britannique. 


Frédéric Senneville

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