Les commotions cérébrales diagnostiquées à partir d'une simple goutte de sang ?

Edwy Malonga
Publié le 1 août 2018 à 17h56, mis à jour le 1 août 2018 à 19h57
Les  commotions cérébrales diagnostiquées à partir d'une simple goutte de sang ?

Source : UNIGE

SANTÉ - Une équipe suisse a conçu un petit boitier capable de révéler un choc au niveau de la tête en 10 minutes. Il fonctionne comme un test de grossesse.

Maux de tête, vertiges, convulsions, vomissements ou perte de la mémoire… Les symptômes d'une commotion cérébrale sont bien connus. En revanche, les erreurs qui retardent la guérison du cerveau restent très nombreuses. C'est pourquoi des chercheurs de l’Université de Genève (Unige), en collaboration avec les hôpitaux espagnols de Barcelone, Madrid et Séville, ont élaboré un dispositif qui permet de déceler un léger traumatisme au niveau du crâne d'un patient.

Le test est inspiré par le principe du test de grossesse. Le "TBIcheck" fonctionne en posant une seule goutte de sang sur la languette d'un boîtier. En l'espace de 10 minutes, l'individu sait s'il s'expose ou non à un risque. Le projet a notamment été présenté dans la revue scientifique PLOS One.

"Notre idée était de trouver le moyen de faire un examen rapide qui permettrait, lors d'un match de boxe ou de football américain par exemple, de dire si le sportif peut retourner sur le terrain ou si son état nécessite une hospitalisation. Tout le contraire du CT Scan, un examen qui dure longtemps et qui ne peut pas se faire n'importe où", détaille le professeur Jean-Charles Sanchez, du Département de médecine interne des spécialités et du Centre des biomarqueurs de la Faculté de médecine de l'Unige.

Lors d’un choc à la tête, certaines cellules cérébrales sont en effet abîmées et relâchent les protéines qu’elles contiennent, faisant augmenter leur taux dans le sang. Les scientifiques de l’Unige et des hôpitaux espagnols ont alors comparé le sang des patients admis pour traumatisme cérébral léger mais diagnostiqués négatifs, avec celui des personnes hospitalisées ayant un traumatisme cérébral léger. "Nous avons remarqué que le taux  de H-FABP (petite protéine cytosolique qui est l'une des protéines les plus abondantes du coeur) à lui seul permet d’affirmer qu’il n’y a aucun risque de trauma chez un tiers des patients admis après un choc !" complète Jean-Charles Sanchez. Les autres iront passer un CT-Scan afin de confirmer le diagnostic. De quoi désengorger un tant soit peu les services d'urgences. 

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Le "TBIcheck" pourrait être commercialisé en pharmacie dès 2019. En attendant, le système doit être amélioré. "Nous sommes en train de préparer un 'TBIcheck' encore plus performant, qui permettra de renvoyer à la maison 50% des patients, mais qui demande une augmentation de la sensibilité de la languette qui reçoit le sang", rapporte encore Jean-Charles Sanchez.

À terme, l’objectif du professeur est de proposer sur le marché des biomarqueurs capables de diagnostiquer des traumatismes cérébraux, mais aussi des AVC et des anévrismes. "Les biomarqueurs sont une mine d’informations sur l’état de santé des patients, à nous de savoir les décoder", conclut-il.


Edwy Malonga

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