Les loups mutants de Tchernobyl pourraient avoir développé une résistance au cancer

par F.S.
Publié le 11 février 2024 à 11h04, mis à jour le 11 février 2024 à 12h10

Source : JT 20h WE

Depuis plus de 35 ans, les animaux parcourent les friches de Tchernobyl.
Exposés à des radiations cancérigènes, certains d'entre eux ont muté, comme les loups.
Une équipe de chercheurs aurait découvert une mutation permettant de résister au cancer.

38 ans après, une catastrophe nucléaire deviendra-t-elle la clé pour guérir le cancer ? Si les chercheurs de l'Université de Princeton n'en sont pas là, ils affirment avoir découvert chez les loups errants de Tchernobyl une mutation particulièrement intéressante. D'après un communiqué publié le 5 janvier, certains spécimens de cette meute auraient développé une mutation génétique qui augmente les chances de survivre au cancer.

Une mutation identifiée

Si la zone qui entoure l'ancienne centrale nucléaire a été abandonnée par les humains à la suite de la catastrophe nucléaire de 1986, les chiens ont prospéré dans la zone d'exclusion, si bien que les loups y seraient sept fois plus nombreux que dans les régions voisines. Des animaux sauvages, mais suivis de près par les scientifiques. Cara Love, biologiste évolutionniste au laboratoire de Shane Campbell-Staton, à l'Université de Princeton, en fait partie. En 2014, elle s'est rendue avec son équipe dans la zone d'exclusion de Tchernobyl. Objectif, mieux comprendre comment ces animaux survivent à l'exposition radioactive en prélevant des échantillons de sang. Son équipe a également disposé sur les animaux des colliers GPS spécialisés afin d'obtenir des mesures "en temps réel de l'endroit où ils se trouvent et de la quantité de rayonnement à laquelle ils sont exposés", comme l'explique le communiqué de la Société pour la biologie intégrative et comparative. 

Dix ans après, les données partagées par ces colliers montreraient que ces animaux survivent tout en étant exposés à des radiations six fois supérieures à la limite fixée pour un travailleur humain. "Les loups de Tchernobyl survivent et prospèrent malgré des générations d'exposition et l'accumulation de particules radioactives dans leur corps." Et pour cause, selon la chercheuse, dont les travaux n'ont pas été publiés, mais qui a présenté ses résultats lors d'une conférence le 10 janvier, le système immunitaire de ces animaux serait devenu similaire à celui des patients atteints d'un cancer et soumis à une radiothérapie. Grâce aux prises de sang réalisées en 2014, l'équipe de la biologiste a pu examiner des "signatures génomiques" propres à ces loups, dont on sait qu'ils ont muté, comme les chiens errants. Un travail qui aurait permis à Cara Love d'identifier "des régions spécifiques du génome du loup qui semblent résistantes à un risque accru de cancer". Ce qui signifierait que, tandis que les mutations augmentent le risque de cancer chez l'humain, certaines d'entre elles auraient en fait un effet protecteur. 

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Une information cruciale quand on sait que le meilleur ami de l'homme combat le cancer de la même manière que les humains. Ce qui fait de son cousin le plus sauvage un parfait allié pour les chercheurs. Reste toutefois que la guerre en Ukraine continue d'être un frein pour cette avancée scientifique. Comme l'a souligné Cara Love lors d'une conférence organisée le 10 janvier, sa priorité "est que les personnes et les collaborateurs sur place soient aussi en sécurité que possible". Une condition impossible à garantir quand on sait que ces lieux sont devenus un champ de mines après le départ de l'armée russe.


F.S.

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