Grève des psychiatres hospitaliers ce mardi contre le "délabrement" de leur secteur

M.L (avec AFP)
Publié le 29 novembre 2022 à 8h49
JT Perso

Source : JT 20h WE

Quatre organisations syndicales invitent les psychiatres hospitaliers à se mettre en grève et à manifester ce mardi.
Elles dénoncent des pénuries de lits d'hospitalisation et des fermetures de centres de prise en charge des patients.
Plusieurs rassemblements sont annoncés dans toute la France.

"Manque criant" de lits d'hospitalisation, "fermetures régulières" de centres médico-psychologiques faute d'effectifs suffisants : les psychiatres hospitaliers sont invités à se mobiliser mardi contre le "délabrement" d'un secteur public victime d'un "abandon" de l'État, selon leurs syndicats. Quatre organisations appellent à la grève et à des manifestations, notamment à 11h à Paris, devant le ministère de la Santé. Des rassemblements sont annoncés dans d'autres villes, devant les agences régionales de santé (ARS) ou des hôpitaux.

Ces syndicats dénoncent un "abandon de la psychiatrie publique" qui "se caractérise au quotidien par le manque criant de lits d'hospitalisation complète et des fermetures régulières de centres médico-psychologiques (CMP)". Une situation liée à la pénurie d'effectifs de médecins et d'infirmiers, qui "touche aujourd'hui cinq établissements hospitaliers sur six", selon un communiqué intersyndical.

"Plus la capacité de soigner comme on voudrait"

"Nous n'avons plus la capacité de soigner comme on voudrait", déplore auprès de l'AFP le Dr Norbert Skurnik, président de l'Intersyndicale de défense de la psychiatrie publique (Idepp). Selon ce psychiatre, faute d'accueil, "rien qu'en Île-de-France, 60 à 70.000 personnes, dont au moins 60% sont des malades mentaux, errent en dehors de toute institution et de tout domicile"

Dans un contexte de "durcissement" des conditions de travail, la spécialité n'attire plus les jeunes médecins, regrette-t-il, citant le chiffre de 100 internes à répartir en région parisienne, "là où il en faudrait 150". Pour favoriser les recrutements, ce responsable syndical défend une augmentation de "20 à 25%" des salaires des psychiatres hospitaliers, sous forme de primes de pénibilité. Dans une tribune parue la semaine passée dans Le Monde, un collectif de spécialistes du secteur soulignait de manière générale que "près de 30 % des postes de psychiatres sont vacants en France", estimant que la santé mentale restait "le parent pauvre de notre système de santé".

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En septembre 2021, Emmanuel Macron avait toutefois présenté un plan à l'issue d'assises de la psychiatrie, avec à la clé la création de 800 postes dans les CMP, sur fond de sortie progressive de la crise sanitaire liée au Covid-19, qui a fragilisé la santé mentale de nombreuses personnes. 

Mais ce plan est jugé insuffisant par la profession : "Ce n'est qu'un petit pas", souligne le Dr Rachel Bocher, présidente de l'Intersyndicat national des praticiens d'exercice hospitalier (INPH), qui milite elle aussi en faveur d'"un plan pour l'attractivité des carrières"

Organisatrice d'un colloque "villes et santé mentale" de jeudi à samedi à Nantes, elle espère y accueillir le ministre de la Santé, François Braun. "Il y a nécessité que les pouvoirs publics reprennent le dialogue social avec les psychiatres", fait-elle valoir. Devant le Sénat mi-novembre, le ministre avait reconnu que "les personnels de psychiatrie exercent dans des conditions difficiles", et promis qu'un bilan serait tiré "très prochainement" des assises organisées l'an passé.


M.L (avec AFP)

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