Lutte contre le VIH : l'efficacité du traitement préventif PrEP confirmée en vie réelle

S.M avec AFP
Publié le 1 décembre 2022 à 9h50
JT Perso

Source : JT 13h WE

Une étude menée en vie réelle montre que la PrEP, traitement préventif contre le VIH, est très efficace.
Ce comprimé destiné aux séronégatifs permet d'éviter une contamination au sida lors de rapports sexuels sans préservatif.
Mais pour être efficace, ce traitement doit être administré aux bonnes doses et à la bonne fréquence.

Un traitement qui renforce l'arsenal de lutte contre le sida. La PrEP, traitement préventif contre le VIH, se révèle très efficace, à condition d'être administré  aux bonnes doses et à bonne fréquence, selon une étude réalisée en vie réelle, publiée mardi 29 novembre dans la revue The Lancet Public Health

Destinée aux séronégatifs, la PrEP (pour prophylaxie pré-exposition) se présente sous forme de comprimé d'antirétroviraux (le Truvada et ses génériques), et permet d'éviter une contamination par le VIH lors de rapports sexuels sans préservatif. 

Jusqu'ici, l'efficacité de ce traitement avait été démontrée par des essais cliniques, mais on manquait d'étude comparative en vie réelle pour la confirmer. Cette nouvelle étude réalisée par EPI-PHARE, qui associe l'Assurance maladie (Cnam) et l'Agence du médicament (ANSM), montre que, parmi les hommes à haut risque d'infection au VIH par voie sexuelle en France, l'efficacité de la PrEP en vie réelle atteint un niveau très élevé. Mais à condition que l'observance de ce traitement préventif soit bonne.

Jusqu'à 93% d'efficacité

Réalisée à partir des données du système national des données de santé (SNDS), l'étude a mesuré l'efficacité de la PrEP parmi 46.706 hommes à haut risque d'infection VIH par voie sexuelle entre 2016 et 2020 en France, parmi lesquels 256 ont été infectés par le VIH au cours du suivi. Les résultats montrent que l'efficacité de la PrEP atteint un niveau proche de celui rapporté dans les essais cliniques, quand on considère uniquement les hommes prenant entre trois quarts et une boîte de Truvada par mois (efficacité de 93%) ou les périodes sans interruption de la PrEP (efficacité de 86%). En revanche, l’efficacité de la PrEP n'est que de 18% en cas de consommation faible de Truvada. 

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Comparés aux hommes restés séronégatifs, ceux infectés par le VIH lors du suivi avaient moins souvent utilisé la PrEP (29% contre 49%). Ceux ayant pris la PrEP avaient le plus souvent eu un usage de Truvada faible, c'est-à-dire avec moins d'une boîte de 30 comprimés tous les deux mois (78% contre 40%) et/ou des interruptions prolongées (d'au moins trois mois) de leur traitement (74% contre 40%).

L'efficacité de la PrEP apparaît réduite chez les hommes âgés de moins de 30 ans et ceux bénéficiaires de la CMUc (couverture maladie universelle complémentaire), parmi lesquels la consommation de Truvada est faible et les interruptions de PrEP particulièrement fréquentes. "Le renforcement des efforts visant à améliorer l'observance à la PrEP est essentiel pour garantir son efficacité, en particulier chez les jeunes et les personnes défavorisées", a ainsi confié à l'AFP Rosemary Dray-Spira, directrice adjointe d'EPI-PHARE.


S.M avec AFP

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